Avertissement – Cadre pédagogique.
Ce contenu est destiné à l’information et à la formation uniquement. Il ne remplace pas un accompagnement psychologique ou thérapeutique. Les situations, cas et personnages évoqués sont fictifs ou reconstitués à partir de situations composites, dans un but strictement pédagogique. En cas de difficulté psychique, il est conseillé de consulter un professionnel qualifié. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou des situations réelles serait purement fortuite.
Aimer son enfant… ou aimer ce qu’il représente ?
Tous les parents veulent le meilleur pour leur enfant, et cet élan est profondément humain. Pourtant, il arrive qu’à leur insu, ce souhait se teinte d’attentes plus secrètes : voir l’enfant accomplir les rêves laissés inachevés, réparer les manques du passé, ou incarner l’image idéalisée de ce qu’ils auraient voulu devenir. Sans le vouloir, l’amour se mêle alors à une projection silencieuse, qui confond le destin de l’enfant avec celui du parent.
L’enfant n’est alors plus seulement un petit être à aimer : il devient un projet, un miroir, voire une revanche sur la vie.
L’enfant comme reflet de l’idéalisme parental
Dans cette relation, l’enfant est souvent vu comme « le plus beau », « le plus intelligent », « celui qui ira loin ». Derrière ces compliments, il y a parfois une pression silencieuse : celle d’être à la hauteur d’un idéal que l’enfant n’a pas choisi.
Ce phénomène, bien connu en psychologie, repose sur ce qu’on appelle l’Idéal du Moi. C’est une image intérieure, un modèle que chacun porte en soi : celui de la personne que l’on aimerait devenir. Ce modèle se construit dès l’enfance, souvent en fonction des attentes – exprimées ou non – de nos parents.
Mais que se passe-t-il quand cet idéal ne vient pas de l’enfant lui-même, mais lui est imposé inconsciemment par son entourage ?
Des attentes silencieuses qui pèsent lourd
Beaucoup d’enfants grandissent en essayant de devenir ce que leurs parents attendent d’eux, parfois sans le savoir. Ils veulent rendre fiers, ne pas décevoir, « réussir » pour compenser les échecs ou blessures de leurs aînés. Cela peut mener à deux grandes réactions :
- La sur-adaptation : l’enfant s’applique à cocher toutes les cases du rêve parental, quitte à s’oublier lui-même.
- La rébellion : l’enfant rejette tout en bloc, même ce qui aurait pu l’épanouir.
Dans les deux cas, le risque est le même : perdre le contact avec qui l’on est vraiment.
Comment redevenir soi-même ?
En grandissant, certaines personnes ressentent un mal-être diffus : une impression de vivre à côté de leur vie, de ne pas vraiment savoir ce qu’elles veulent, ou pour qui elles font les choses. C’est souvent le signe qu’il est temps de se poser une question essentielle :
Suis-je en train de vivre ma vie, ou celle que mes parents auraient voulu pour moi ?
Le chemin pour se reconnecter à soi-même peut passer par un travail personnel, parfois accompagné d’un thérapeute. Il ne s’agit pas de rejeter ses parents ou leur amour, mais de faire la part des choses entre ce qu’on nous a transmis et ce que l’on choisit de garder.
Aimer sans projeter : un défi pour chaque parent
Être parent, c’est aussi accepter que son enfant ne soit pas une copie de soi, ni la solution à ses regrets. C’est l’aimer pour ce qu’il est, même (et surtout) s’il prend un autre chemin.
Finalement, le plus beau cadeau qu’un parent puisse faire à son enfant, ce n’est pas de rêver à sa place, mais de lui donner l’espace et la confiance pour rêver par lui-même.
Article réalisé par Bernadette PÊPE Psychanalyste
