Institut de Formation à la Psychanalyse

Nicole-poussines

Les formations de compromis

Freud regroupe sous l’expression formations de compromis les oublis, les lapsus, les actes manqués ou encore les rêves. Loin d’être de simples accidents psychiques, ces manifestations sont l’expression indirecte de désirs inconscients refoulés qui, en raison de leur incompatibilité avec les exigences du Moi ou de la morale, ne peuvent accéder à la conscience que sous une forme déformée et déguisée. Ces formations sont le résultat d’un conflit entre pulsions refoulées et forces de censure, ce qui les rend particulièrement révélatrices du fonctionnement de l’inconscient. Elles constituent des points de passage entre les trois instances psychiques dans la première topique : inconscient, préconscient et conscient. Le rêve Le rêve, c’est la voie royale vers l’inconscient   Freud accorde au rêve une place centrale dans l’exploration de l’inconscient. Il est une réalisation déguisée d’un désir refoulé, qui trouve dans le sommeil un terrain favorable à son expression. </br>La censure onirique, bien que toujours présente, y est affaiblie, permettant au désir de se manifester sous des formes symboliques, déplacées ou condensées.</br>Avant Freud, les rêves étaient souvent interprétés à travers des prismes mystiques ou divinatoires. Freud rompt avec ces conceptions en affirmant que le rêve est un travail psychique, visant à transformer un contenu latent inacceptable en contenu manifeste plus tolérable. Ajoutez votre titre ici Ajoutez votre titre ici Ajoutez votre titre ici Ajoutez votre titre ici Ajoutez votre titre ici

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Deuxième topique

Deuxième topique Le passage de la première à la seconde topique représente un tournant majeur dans la compréhension freudienne de l’appareil psychique. La première topique proposait une structure descriptive des différents niveaux de conscience, tandis que la seconde topique introduit une perspective dynamique et conflictuelle, permettant de mieux appréhender les phénomènes psychiques complexes, qu’ils soient normaux ou pathologiques. « Freud considère avant tout le ça comme le grand réservoir de la libido » S. Freud « Le moi et le ça » dans préface d’Elise Pestre, p. 14 éd. Petite bibliothèque Payot, sept. 2010 « Le ça, la partie la plus ancienne de l’appareil psychique, demeure durant toute l’existence la partie la plus importante de la vie psychique. » S. Freud A. Delrieu « Abrégé de psychanalyse », p. 108 trad. A Berman, 10e édit. Revue et corrigée par J. Laplanche P.U.F. Paris 1985 « Tout ce qui se passe dans le ‘’ça’’ est et demeure inconscient. » S. Freud « Psychanalyse et médecine » p. 144/145, éd. Gallimard, 3ème trimestre 1949 LE ÇA Le Ça, c’est le réservoir primitif de nos pulsions, la source de notre énergie psychique vitale. ➤ Il ignore les lois, la morale ou même la réalité : il veut tout, tout de suite – la faim, la soif, le désir sexuel, l’évitement de la douleur. ➤ Le Ça abrite deux types de pulsions fondamentales : • Éros (les pulsions de vie) : Ce sont toutes les forces qui nous poussent à créer, à aimer, à nous attacher, à nous reproduire, à maintenir la vie. C’est la quête de plaisir, d’union et de croissance. • Thanatos (les pulsions de mort) : C’est la face sombre de notre vie psychique. ➤ C’est la tendance inconsciente vers la destruction, la désagrégation, le retour à un état de non-existence. ➤ Elle peut s’exprimer par l’agressivité, les pulsions destructrices, les comportements autodestructeurs, ou la violence tournée vers l’extérieur. ➤ Ces deux forces sont en constante interaction, parfois en conflit, parfois en collaboration, formant une dynamique intérieure complexe. Parfois, si la réalité empêche la satisfaction directe d’un désir, le Ça peut en chercher une satisfaction substitutive dans l’imaginaire, par exemple à travers les rêves ou les fantasmes. « À l’origine tout était ça. » Sigmund Freud, Abrégé de psychanalyse, p. 26, PUF, 1949 Le Moi Face à ce chaudron de pulsions qu’est le Ça, le Moi émerge comme une structure plus stable et adaptative. Il se forme au contact de la réalité extérieure. ➤ Le bébé, frustré de ne pas toujours obtenir immédiatement ce qu’il désire, découvre qu’il existe un monde extérieur qui ne répond pas automatiquement à ses besoins. ➤ Le Moi se construit pour faire face à cette réalité. Il apprend à : • Différer la gratification : attendre pour obtenir ce qu’on veut ou chercher un compromis. • Distinguer le soi du non-soi : comprendre qu’il est distinct des objets et des personnes qui l’entourent. • Gérer les conflits internes : Il devient le médiateur entre le Ça (désirs impulsifs), le Surmoi (exigences morales) et la réalité (contraintes du monde). Le Moi est donc l’instance de régulation et d’adaptation. Pour maintenir l’équilibre psychique, il utilise divers mécanismes de défense (refoulement, rationalisation, sublimation, déplacement, etc.), souvent inconscients. Sa tâche est difficile, car il doit répondre aux désirs du Ça tout en respectant les limites imposées par le Surmoi et la réalité. Le Surmoi Le Surmoi est l’héritier des interdits parentaux et des normes sociales. Il se constitue à l’issue du complexe d’Œdipe, lorsque l’enfant introjecte les valeurs, les interdictions et les idéaux portés par ses figures parentales. Le Surmoi remplit deux fonctions : • ➤ Il agit comme une conscience morale : il nous pousse à faire le bien et à éviter le mal, selon les critères appris. • ➤ Il agit aussi comme un juge intérieur : il peut féliciter (par la fierté), mais aussi punir (par la culpabilité, la honte, le dégoût de soi). Parfois, le Surmoi est trop sévère, exigeant une perfection irréaliste, et devient alors une source de souffrance. Il peut provoquer un sentiment de culpabilité inconscient, même sans faute réelle. L’Interaction des Instances Une fois le complexe d’Œdipe traversé, la psyché humaine est organisée en un système à trois instances : le Ça, le Moi et le Surmoi. C’est un équilibre dynamique dans lequel : • Le Ça pousse à la satisfaction immédiate des pulsions. • Le Surmoi impose des limites morales et idéales. • Le Moi tente de composer avec les deux, tout en prenant en compte la réalité du monde extérieur. Cette interaction est la source de nombreux conflits psychiques. Par exemple, un désir interdit par le Surmoi mais exigé par le Ça peut engendrer de l’anxiété, que le Moi devra contenir à l’aide de mécanismes de défense.

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L’oralité

L’oralité est la première phase du développement psychosexuel décrite par Sigmund Freud. Elle se situe approximativement entre la naissance et l’âge de 18 mois. Cette étape est centrée sur la bouche comme zone érogène principale, où le nourrisson trouve plaisir et satisfaction. Caractéristiques principales : – La bouche est la source principale de gratification (sucer, mordre, téter). – Cette phase est liée à la satisfaction des besoins fondamentaux, notamment l’alimentation. – Le plaisir oral est associé à la relation d’attachement avec la mère ou la figure d’attachement, qui nourrit et sécurise l’enfant. Importance dans le développement :– L’oralité joue un rôle crucial dans la formation du lien affectif primaire. – Elle contribue à la construction du moi et à la capacité à gérer les frustrations. – Un bon déroulement de cette étape favorise un développement émotionnel sain. Conséquences d’une fixation orale :– Selon Freud, une fixation à cette étape peut entraîner à l’âge adulte des comportements oraux tels que fumer, manger excessivement, ou être dépendant affectivement. – Elle peut aussi se manifester par une tendance à la passivité ou à la recherche constante de réconfort.   En résumé :L’oralité est une étape fondamentale du développement psychosexuel où le plaisir est centré sur la bouche. Elle est essentielle à la construction des premières relations affectives et à la structuration psychique. Sa bonne résolution est importante pour un équilibre émotionnel ultérieur.  Exemple 1 : La fixation orale chez l’adulteUn patient adulte consulte pour une dépendance excessive au tabac et à la nourriture. En analysant son histoire, on découvre qu’il a vécu des difficultés d’alimentation et d’attachement dans sa petite enfance. Cette fixation orale se manifeste par des comportements où il cherche à satisfaire un besoin de réconfort et de sécurité par la bouche, ce qui illustre la persistance d’une étape orale non résolue. Exemple 2 : Le bébé et la relation mère-enfantUn nourrisson qui a été séparé précocement de sa mère peut présenter des troubles de l’attachement. Il montre une agitation lors de la tétée ou refuse le sein, ce qui peut indiquer une perturbation dans l’étape orale. Cette difficulté impacte sa capacité à trouver du plaisir et de la sécurité dans la relation, soulignant l’importance de cette phase pour le développement affectif.  Exemple 3 : Comportements oraux chez l’enfant** Un enfant de 3 ans qui mord fréquemment ses jouets ou met constamment des objets à la bouche peut manifester une fixation orale. Cela peut être une manière de gérer l’angoisse ou la frustration, en recherchant la satisfaction orale qui n’a pas été pleinement obtenue durant la petite enfance. Ces exemples montrent comment l’étape orale influence le comportement et les relations à différents âges, et pourquoi elle est centrale en psychanalyse.

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L’annulation rétroactive

Thème central L’annulation rétroactive est un mécanisme de défense par lequel un sujet cherche, psychiquement, à effacer un acte, une pensée ou un désir inconscient jugé inacceptable, comme s’il ne s’était jamais produit. Origine théorique Concept mis en évidence par Sigmund Freud, notamment dans l’analyse de la névrose obsessionnelle (voir Le Moi et le Ça, 1923 ; Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle, 1909). Ce mécanisme est typique du fonctionnement obsessionnel, mais peut aussi apparaître dans d’autres cadres névrotiques. Définition L’annulation rétroactive (ou « undoing ») consiste en un acte, une pensée ou un rituel destiné à effacer rétroactivement un autre acte ou désir jugé fautif ou dangereux. Le sujet tente de nier symboliquement ce qui l’angoisse, sans forcément en avoir conscience. Fonction psychique Elle vise à réduire l’angoisse de culpabilité issue de pulsions agressives ou sexuelles réprimées. Elle n’annule pas réellement l’acte dans le réel, mais tente de le neutraliser dans la réalité psychique. Elle s’accompagne souvent de ritualisations, contraintes, ou de pensées magiques. Exemples cliniques Rituel obsessionnel après une pensée agressive Exemple : Un patient pense soudain à frapper son enfant. Pris de culpabilité, il se sent obligé de toucher trois fois la poignée de la porte pour « annuler » cette pensée. Interprétation : Le geste compulsif est une tentative magique d’annulation de la pensée agressive. Il soulage momentanément l’angoisse, sans résoudre le conflit sous-jacent. Déclaration exagérée d’amour après une hostilité inconsciente Exemple : Une patiente, irritée par son compagnon, a intérieurement souhaité sa mort. Peu après, elle lui écrit une lettre d’amour débordante de tendresse. Interprétation : Ce comportement est une forme d’annulation rétroactive du souhait inconscient, visant à neutraliser la culpabilité liée à son agressivité. Implications pour la pratique clinique Permet de repérer des conflits inconscients autour de la culpabilité, du désir et de l’agressivité. L’analyste observe les actes ou pensées compensatoires, souvent ritualisés ou disproportionnés, qui tentent d’effacer une représentation angoissante. Il s’agit d’un mécanisme de défense relativement élaboré, indiquant une névrose structurée (surtout obsessionnelle), et donc une certaine capacité à symboliser. Références bibliographiques Freud, S. (1909). Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle (Le cas de l’Homme aux rats). Freud, S. (1923). Le Moi et le Ça. Laplanche, J. & Pontalis, J.-B. (1967). Vocabulaire de la psychanalyse. Racamier, P.-C. (1961). L’obsessionnel et son monde.

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L’isolation

L’ISOLATION   Définition : L’isolation (ou isolation de l’affect) est un mécanisme de défense par lequel un sujet sépare une pensée, un souvenir ou un acte de sa charge émotionnelle.Ainsi, l’affect est clivé de la représentation : le sujet peut parler d’un événement traumatique ou douloureux de manière froide, détachée, voire mécanique. « D’autre part, nous savons que le moi de l’obsédé adopte, dans la formation des symptômes, le procédé de défense par isolation. Il se contente de séparer les émois instinctuels de leur contexte tout en les retenant dans le conscient. » Anna FREUD « Le moi & les mécanismes de défense » p. 35, éd. PUF- Avril 2001   Origine psychanalytique Concept décrit par Sigmund Freud, particulièrement dans les écrits sur la névrose obsessionnelle. L’isolation est un des mécanismes fondamentaux du fonctionnement obsessionnel, avec l’annulation et le déplacement. Texte de référence : Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle (1909). Fonction psychique Neutraliser l’angoisse liée à des idées ou souvenirs intolérables. Permet de parler de l’insoutenable sans en ressentir la douleur. Évite l’effondrement psychique… mais au prix d’un appauvrissement du lien affectif à l’expérience. Exemples cliniques ✅ Exemple 1 – Récit traumatique froid Un patient décrit calmement, sans aucune émotion, la mort brutale de son frère dans un accident. Il énumère les faits comme une liste, sans signe visible d’affect.→ L’émotion est isolée du souvenir, empêchant l’élaboration du deuil. ✅ Exemple 2 – Rituel de détachement Une patiente obsessionnelle se lave longuement les mains après chaque pensée dérangeante, mais en parle ensuite de façon purement rationnelle, comme si cela n’avait pas de lien avec une peur ou une angoisse.→ L’acte de lavage isole la pensée de l’affect qui l’accompagne. 🔹 Intérêt clinique Signale une défense obsessionnelle face à des contenus pulsionnels ou traumatiques. L’analyste peut repérer l’isolation à travers : Un discours plat ou hyperintellectualisé, Une absence d’affect là où il serait attendu, Une dissociation entre le récit et l’émotion vécue. L’analyse vise à ré-associer le vécu à son affect pour permettre l’élaboration psychique.    Références essentielles Freud, S. (1909). Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle (L’Homme aux rats). Laplanche & Pontalis (1967). Vocabulaire de la psychanalyse. Green, A. (1983). Narcissisme de vie, narcissisme de mort. Marty, P. (1966). L’ordre psychosomatique (notion de pensée opératoire et absence d’affect).   

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La formation réactionnelle

Définition La formation réactionnelle est un mécanisme de défense qui consiste à transformer un désir ou un affect inacceptable en son contraire, de façon rigide et inconsciente. Exemple typique : un amour interdit devient une haine affichée (ou inversement). C’est une manière de maîtriser des pulsions refoulées en les camouflant sous une attitude opposée. Origine psychanalytique Décrit par Sigmund Freud, notamment dans Les mécanismes psychiques de la vie quotidienne (1901) et Le Moi et le Ça (1923). Couramment observée dans la névrose obsessionnelle, mais présente aussi dans l’hystérie ou certains traits de personnalité rigides. Fonction psychique Permet au Moi de faire face à un désir, un affect ou une pulsion jugé inacceptable (souvent sexuel ou agressif). La réaction opposée prend le dessus de manière excessive, créant une attitude rigide, caricaturale ou inappropriée. Elle permet de tenir à distance le désir réel, mais fige le sujet dans une posture défensive. 🔹 Exemples cliniques ✅ Exemple 1 – Hostilité dissimulée sous une gentillesse excessive Un patient éprouve une forte agressivité inconsciente envers sa mère. Il se montre alors extrêmement attentionné, serviable et doux avec elle, jusqu’à l’étouffer.→ L’amour affiché masque une hostilité inconsciente, trop culpabilisante pour être reconnue. ✅ Exemple 2 – Propreté obsessionnelle Une patiente éprouve des fantasmes sexuels réprouvés. Elle développe alors une obsession pour la propreté corporelle et l’ordre moral.→ La pureté apparente est une défense contre des désirs jugés « sales » ou immoraux. 🔹 Signes cliniques évocateurs Attitudes trop « parfaites » ou moralisatrices, sans nuance. Rigidité défensive, refus de reconnaître certains affects (haine, désir, envie). Comportements inverses aux affects manifestés en cure ou dans le transfert. 🔹 Intérêt en cure analytique Permet de repérer des conflits refoulés, souvent de nature infantile ou œdipienne. Aide à comprendre des attitudes paradoxales ou excessives. Dans la cure, la mise au jour de la formation réactionnelle ouvre à un travail sur les désirs sous-jacents. 🔹 Références essentielles Freud, S. (1901). Psychopathologie de la vie quotidienne. Freud, S. (1923). Le Moi et le Ça. Laplanche & Pontalis (1967). Vocabulaire de la psychanalyse. Chasseguet-Smirgel, J. (1984). L’idéal du moi.

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La dénégation

Mécanisme de dénégation Définition : La dénégation (ou Verneinung en allemand) est un mécanisme de défense par lequel le sujet reconnaît un contenu inconscient… tout en le niant. Il dit donc la vérité inconsciente, mais la maintient à distance en la formulant sous forme de négation. ➤ Elle permet au sujet d’amener un contenu refoulé à la conscience sans l’assumer subjectivement. Origine psychanalytique : • Concept formulé par Sigmund Freud dans son texte « La dénégation » (Die Verneinung, 1925) montre que ce mécanisme est intermédiaire entre le refoulement et l’acceptation. Il marque souvent une levée partielle du refoulement. Fonction psychique : • Permet l’accès partiel à des représentations inconscientes tout en maintenant une défense contre leur pleine reconnaissance. • Sert de compromis : le contenu passe dans le conscient, mais est psychiquement désavoué. Exemples cliniques ✅ Exemple 1 – En psychanalyse (verbatim) Le patient dit : « Je ne crois pas que je veuille tuer mon père. » → Il exprime en fait le désir inconscient tout en le niant consciemment. L’idée passe la censure, mais reste désavouée par le Moi. ✅ Exemple 2 – Déclaration inversée Une analysante raconte un rêve où elle embrasse une femme, puis dit aussitôt : « Mais je ne suis pas attirée par les femmes ! » → La dénégation trahit un contenu homosexuel latent, qui fait irruption mais est aussitôt écarté. Signes cliniques évocateurs : • Phrases du type : « Je ne pense pas que… », « Ce n’est sûrement pas parce que… », « Ça n’a rien à voir avec… » • Apparition de contenus inconscients dans le discours, accompagnés d’une négation immédiate. Intérêt clinique : • La dénégation indique une levée partielle du refoulement, souvent au moment où un matériau inconscient fait retour (rêve, lapsus, transfert). • Elle est une porte d’entrée dans l’analyse : l’analyste peut travailler à partir de ce qui est dit — même en négatif. • Elle révèle des résistances subtiles, à entendre avec attention dans l’association libre. Références essentielles : • Freud, S. (1925). La Dénégation. • Laplanche & Pontalis (1967). Vocabulaire de la psychanalyse. • Green, A. (1990). La folie privée. • Roussillon, R. (1997). Le jeu et l’entre-je(u).

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Le déni

Définition Le déni est un mécanisme de défense par lequel un sujet refuse inconsciemment de reconnaître une réalité perçue comme traumatique ou inacceptable.Contrairement à la dénégation (où le contenu inconscient est nommé mais rejeté), le déni rejette la réalité elle-même, partiellement ou totalement. C’est un refus de réalité externe ou interne, qui peut concerner un événement, un fait corporel, un deuil ou même une perception évidente. Cette citation de S. Freud l’illustre parfaitement : «  « Que ce moi ne soit pas une instance fiable et impartiale, cela tombe sous le sens. Le moi est en effet la puissance qui dénie l’inconscient et l’a réduit au rang de refoulé, comment pourrait-on avoir confiance en lui pour rendre justice à cet inconscient ? » S. Freud « Œuvres complètes » XIV, p. 393, éd. PUF Novembre 2000     🔹 Origine psychanalytique Le concept de déni (Verleugnung) est développé par Sigmund Freud, notamment dans : Fétichisme (1927), Négation (1925), Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse (1933). Il est particulièrement central dans la perversion, mais aussi présent dans la psychose ou certains états limites.    🔹 Fonction psychique Protéger le Moi d’une réalité trop angoissante ou douloureuse. Maintenir une illusion psychique pour éviter la désorganisation ou la souffrance. Il peut aller d’un refus partiel de réalité à une forclusion totale (dans la psychose).   🔹 Exemples cliniques ✅ Exemple 1 – Déni de la maladie grave Un patient atteint d’un cancer refuse les traitements, nie le diagnostic et continue à vivre « comme si de rien n’était ».→ Il nie la réalité menaçante pour protéger son équilibre psychique fragile. ✅ Exemple 2 – Déni dans la perversion fétichiste Un homme investit sexuellement un objet fétiche (ex : un soulier) tout en niant la différence des sexes, refusant symboliquement l’absence de pénis chez la femme.→ Selon Freud, c’est un déni de la castration, avec maintien d’une réalité psychique alternative.    🔹 Manifestations cliniques Refus de reconnaître un deuil, une séparation, une maladie, une mutilation, un handicap… Discours déconnecté de la réalité observable. Parfois cohabitation paradoxale de conscience partielle + refus affectif ou symbolique.   🔹 Intérêt clinique Le déni peut signaler des troubles graves de l’économie psychique (psychose, états-limites, addictions, troubles somatiques graves). Il oblige le clinicien à travailler avec prudence et contenance, sans confrontation directe. Dans certains cas (ex. : déni du deuil), il est temporaire et adaptatif avant un processus d’élaboration ultérieure.     🔹 Références essentielles Freud, S. (1925). La Négation. Freud, S. (1927). Le Fétichisme. Laplanche & Pontalis (1967). Vocabulaire de la psychanalyse. Green, A. (1983). Narcissisme de vie, narcissisme de mort. Winnicott, D. W. (1960). L’usage de l’objet.         

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Le clivage du Moi

🔹 Définition Le clivage du Moi est un mécanisme de défense par lequel le sujet maintient deux représentations ou perceptions contradictoires sans les confronter ni les synthétiser. ➤ Il y a coexistence de deux réalités psychiques opposées : l’une est liée à la perception réelle, l’autre à la réalité psychique ou fantasmatique. 🔹 Origine psychanalytique Concept élaboré par Sigmund Freud, notamment dans : Le fétichisme (1927), La dénégation (1925). Développé ensuite par Mélanie Klein et Donald W. Winnicott, notamment dans l’étude des états-limites et des organisations psychotiques. 🔹 Fonction psychique Protéger le Moi de l’angoisse intense liée à des conflits intrapsychiques (ex. : ambivalence, réalité traumatique). Maintenir une illusion de cohérence en clivant les perceptions ou les objets : bon vs mauvais, réel vs fantasmatique. Le clivage peut concerner : le Moi lui-même, l’objet (ex. : la mère bonne vs la mère persécutrice), la représentation du corps ou de la réalité. 🔹 Exemples cliniques ✅ Exemple 1 – Clivage dans le fétichisme (Freud, 1927) Un homme fétichiste investit sexuellement un objet (ex. : soulier féminin), tout en reconnaissant et niant simultanément l’absence de pénis chez la femme.→ Il y a coexistence de deux réalités contradictoires, l’une acceptée consciemment, l’autre maintenue psychiquement. ✅ Exemple 2 – Clivage dans les états-limites Une patiente voit sa thérapeute comme « merveilleuse » un jour, puis comme « totalement malveillante » le lendemain, sans nuance ni souvenir de son jugement précédent.→ Cela reflète un clivage de l’objet, typique des fonctionnements limite : le bon et le mauvais ne peuvent coexister psychiquement. 🔹 Manifestations cliniques Pensée dichotomique : tout est blanc ou noir, bon ou mauvais. Comportements instables et contradictoires (idéalisation/dévalorisation). Difficultés à intégrer les ambivalences (dans les relations, le Moi, le corps, etc.). Présent dans : les états-limites, certaines psychoses, les structures narcissiques fragiles, les perversions. 🔹 Intérêt clinique Le clivage signale un noyau de souffrance non symbolisable. Il nécessite un travail thérapeutique progressif de mise en lien, d’élaboration et d’intégration. L’analyste doit pouvoir tolérer les contradictions apparentes du patient sans les confronter brutalement, mais en favorisant leur symbolisation. 🔹 Références essentielles Freud, S. (1925). La Dénégation. Freud, S. (1927). Le Fétichisme. Klein, M. (1946). Notes sur quelques mécanismes schizoïdes. Winnicott, D. W. (1965). La crainte de l’effondrement. Laplanche & Pontalis (1967). Vocabulaire de la psychanalyse.

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