Institut de Formation à la Psychanalyse

deuxième année

Psychopathologie : cours du 21.03.2026

Tentative de refoulement et accompagnement clinique. Une tentative défensive spontanée peut consister à vouloir rejeter l’événement hors du champ de la conscience 🔹 Le rôle de la verbalisation dans le retour à la réalité  « Un événement comme le trauma externe provoquera à coup sûr une perturbation de grande envergure dans le fonctionnement énergétique de l’organisme et mettra en mouvement tous les moyens de défense. […]  La submersion de l’appareil animique par de grandes quantités de stimuli ne peut plus être empêchée ; c’est bien plutôt une autre tâche qui se présente, celle de maîtriser le stimulus, de lier psychiquement les quantités de stimuli qui ont fait irruption pour les amener ensuite à la liquidation. » S. Freud « Œuvres complètes » XV p. 300-301, éd. PUF  Juillet 2002 🔹 Angoisse, effroi et impréparation psychique Dans la névrose traumatique, un élément essentiel est l’absence d’angoisse préalable. En effet :   👉 Freud écrit :  « […] l’homme se protège de l’effroi par l’angoisse »                                   Sigmund Freud « Œuvres complètes » XIV  p. 410, éd. PUF novembre 2000  💡 Résumé pédagogique : Angoisse = signal d’alerte → prépare le Moi → protection.    Effroi = absence d’angoisse → sidération → trauma 🔹 Angoisse vs Effroi dans la névrose traumatique Concept Angoisse Effroi Définition Réaction émotionnelle anticipatrice face à un danger possible. Réaction brutale face à un danger inattendu. Fonction Sert de signal d’alerte :                                     prépare le Moi et l’appareil psychique. Aucun signal d’alerte : effraction directe au pare-excitation. Effet psychique Permet une mobilisation, une réaction, parfois une protection. Conduit à la sidération : impossibilité d’agir ou de réagir. Exemple Sirène qui alerte d’une crue :              les habitants se préparent. Explosion soudaine dans le métro → panique et paralysie. II.2.a — Introduction générale – L’angoisse : un affect universel  Elle peut être envisagée selon une double valence : Comme réaction normale face à un danger, une perte ou une menace de désorganisation, Comme noyau structural de nombreuses organisations psychopathologiques.  Elle devient pathologique lorsqu’elle déborde sa fonction de signalisation et envahit l’économie psychique. 🔹 Schéma comparatif : Peur / Angoisse / Effroi Concept Déclencheur Réaction psychique Fonction Peur Danger réel, identifié (ex. un animal menaçant, un incendie). Réaction adaptée, mobilisation pour se protéger. Protection immédiate. Angoisse Danger flou, interne ou anticipé (ex. peur de perdre l’amour, menace inconsciente). Signal d’alerte, tension, mobilisation défensive. Préparer, alerter, protéger. Effroi Danger brutal et imprévu, sans préparation (ex. explosion, attentat). Sidération, incapacité d’agir. Aucun rôle protecteur. Fonction Versant protecteur Versant pathologique Signal Anticipe le danger Ne signale plus rien Liaison Mobilise les défenses Désorganise le Moi Temporalité Tourne vers l’avenir Répète le passé traumatique II.2.b — La première théorie de l’angoisse (Freud, 1894-1905)  Freud y conçoit l’angoisse comme : Une décharge d’excitation sexuelle non élaborée    👉 L’angoisse est donc pensée comme un phénomène de transformation quantitative : l’excitation sexuelle non déchargée se convertit en affect pénible. Les névroses de transfert (psychonévroses) Dans les névroses de transfert, l’angoisse s’inscrit principalement dans le registre psychique Articulation avec l’axe traumatique Première théorie Névrose traumatique Excitation sexuelle non liée Effraction traumatique Modèle économique Modèle de débordement Excès de libido Excès de réel Transformation en angoisse Sidération puis répétition  🧠 🧠 Dans la seconde théorie freudienne, l’angoisse est un signal produit par le Moi pour avertir d’un danger psychique et déclencher des mécanismes de défense tel le refoulement.                  Le désir incestueux persiste alors sous une forme latente et se trouve soumis à la régulation du Surmoi. C’est précisément de ce conflit entre le Surmoi et les pulsions sexuelles que la névrose tire son appui. Conclusion de cette partie Dans les psychonévroses, l’angoisse dérive du conflit refoulé. Ici, l’angoisse vient du désir. Dans la névrose traumatique, elle dérive de l’effraction non symbolisée. Là, elle vient du réel. Névroses actuelles Psychonévroses (névroses de transfert) Origine actuelle Origine infantile Excitation non déchargée Conflit refoulé Peu de symbolisation Forte élaboration fantasmatique Modèle économique Modèle dynamique L’angoisse de castration comme noyau                                                            Nous assistons ici à une articulation structurale : Niveau manifeste Niveau latent Peur du cheval Angoisse de castration Danger externe Danger interne Phobie Conflit œdipien Schéma comparatif   Modalité Déclencheur Fonction Destin Angoisse automatique Effraction Débordement Désorganisation Signal d’angoisse Danger perçu Protection Défense « Nous nous disons que c’est l’acte de la naissance ; au cours de celui-ci se produit ce groupement de sensations de déplaisir, de motions d’éconduction et de sensations corporelles qui est devenu le prototype de l’effet provoqué par un danger pour la vie et qui est répété par nous depuis lors sous forme d’état d’angoisse. […] l’acte de la naissance est la source et le prototype de l’affect d’angoisse. » Sigmund Freud « Œuvres complètes » XIV p. 411/412, éd. PUF novembre 2000 « […] le moi est le lieu de l’angoisse proprement dit […] L’angoisse est un état d’affect qui ne peut naturellement être éprouvé que par le Moi. » Sigmund FREUD « Œuvres complètes »  XVII, p. 256, éd. PUF Janvier 1992                                                                         Schéma : bascule 1920 → 1926                                                                                         1920 (Trauma)                                                                                                        ↓         

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La Psychopathologie cours du 21 février 2026

👉 Le sujet névrosé souffre de ses symptômes — phobies, obsessions, conversions hystériques, crises d’angoisse — tout en conservant la reconnaissance subjective que « quelque chose ne va pas en lui », même s’il ne comprend pas le sens inconscient de sa souffrance. → le sujet sait qu’il souffre, mais ignore pourquoi. 🔹 Le symptôme névrotique fait souffrir le sujet tout en maintenant une position subjective de questionnement. 📘Freud : « Les symptômes ne se forment que pour permettre d’échapper au développement de l’angoisse. » Tableau comparatif : Psychiatre et psychanalyse Axes de comparaison Psychiatrie Psychanalyse Objet principal Les troubles mentaux et leurs manifestations observables. Le fonctionnement psychique et le conflit inconscient. Statut du symptôme Le symptôme est un signe clinique servant au diagnostic et à la classification. Le symptôme est une formation de compromis, solution singulière à un conflit inconscient. Finalité du travail clinique Identifier le trouble et réduire ou supprimer les symptômes. Élucider le sens du symptôme et transformer le rapport du sujet à son conflit. Approche du sujet Le sujet est appréhendé à partir de catégories diagnostiques. Le sujet est envisagé dans sa singularité subjective. Cadre théorique Modèle principalement descriptif et nosographique (DSM, CIM). Modèle dynamique et structural (refoulement, forclusion, déni…). Rapport à l’inconscient L’inconscient n’est pas un concept opératoire central. L’inconscient est au cœur de la théorie et de la pratique. Critère de normalité Conformité à des normes statistiques ou fonctionnelles. Capacité du sujet à élaborer psychiquement ses conflits. Temporalité Intérêt privilégié pour le présent symptomatique. Articulation du présent avec l’histoire psychique du sujet. Traitement Médicamenteux, institutionnel, psychothérapeutique selon les cas. Travail par la parole, le transfert et l’interprétation. Place du clinicien Expert qui évalue, diagnostique et prescrit. Analyste qui écoute, accueille la parole et interprète.                                                                           LES  NÉVROSES TRAUMATIQUES : « Toute expérience qui expose le moi à une soudaine invasion de stimuli qu’il ne peut réduire à son niveau d’équilibre homéostatique est traumatique. »  F. Alexander « Principes de psychanalyse » p. 217, éd. PAYOT X-3-1952 Le travail clinique de la névrose traumatique vise moins l’interprétation du conflit que la liaison progressive d’une excitation effractante restée sans représentation. Freud lui-même rappelait l’importance de cette dépense énergétique constante du Moi : « Je vous ai déjà parlé, n’est-ce pas, du ‘’contre-investissement’’ dont le moi fait la dépense lors d’un refoulement et qu’il doit entretenir de façon permanente afin que le refoulement soit stable. » Sigmund Freud « Œuvres complètes » XIV p. 425, éd. PUF novembre 2000 🧠 Dans la névrose de transfert, ce qui revient est refoulé Dans la névrose traumatique, ce qui revient n’a jamais pu être lié. Cette distinction implique un travail de thérapie différent Dans la névrose de transfert : Interpréter le refoulé Dans la névrose traumatisme : Contenir et lier le trauma  👉 D’où la prudence interprétative dans la clinique traumatique précoce.                                          🔹 Les névroses traumatiques : afflux soudain d’excitations exogènes Les névroses traumatiques sont causées par un choc émotionnel si puissant que les résistances psychologiques du sujet sont débordées. L’afflux brutal d’excitations exogènes désorganise l’appareil psychique, La tension est telle que le sujet est incapable de maîtriser la situation, Il s’ensuit une effraction du pare-excitation et la mise en place de symptômes traumatiques (cauchemars, reviviscences, hyper vigilance).

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Le narcissisme

https://formations-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2026/01/Stade-du-miroir.mp4 « Le narcissisme est l’état où le moi dirige sa libido vers lui-même. »  « Développements de la psychanalyse » M. KLEIN, P. HEIMANN, S. ISAACS, J. RIVIERE – P. 136 Éd. PUF Décembre 1987 Le narcissisme primaire: « Il en résultait la conception, fondamentale pour une théorie de la libido, d’un état où la libido emplit le moi propre, où elle a pris celui-ci même comme objet. Cet état on pouvait l’appeler narcissisme ou amour de soi. » S. Freud « Œuvres complètes XVII » P. 103 – éd. PUF Janvier 1992 Le narcissisme secondaire correspond au retour de la libido sur le Moi, après avoir été investie sur des objets extérieurs. « L’amour des parents, si touchant et, au fond, si enfantin, n’est rien d’autre que leur narcissisme qui vient de renaître et qui, malgré sa métamorphose en amour d’objet, manifeste à ne pas s’y tromper son ancienne nature. »(Œuvres complètes XII, p. 235, éd. PUF, 2006) Mécanisme en 3 temps Étape Processus 1. Perte de l’objet L’objet aimé disparaît ou déçoit. 2. Impossibilité de déplacer la libido Le sujet ne parvient pas à investir un nouvel objet. 3. Introjection / identification narcissique Le Moi incorpore l’objet et dirige contre lui (donc contre soi) les reproches. Mécanisme en 3 temps Étape Processus 1. Perte de l’objet L’objet aimé disparaît ou déçoit. 2. Impossibilité de déplacer la libido Le sujet ne parvient pas à investir un nouvel objet. 3. Introjection / identification narcissique Le Moi incorpore l’objet et dirige contre lui (donc contre soi) les reproches. Avant / Après le narcissisme primaire Avant le narcissisme primaire Après le narcissisme primaire Auto-érotisme Narcissisme primaire Plaisirs partiels et dispersés Investissement unifié Zones érogènes fonctionnant chacune pour soi Corps reconnu comme une totalité Pas de Moi unifié Émergence du Moi Corps vécu comme source de sensations Corps reconnu comme “mon corps” Satisfaction pulsionnelle locale Amour du corps propre Absence de véritable objet Le corps propre devient le premier objet libidinal Libido fragmentée Libido recentrée sur le Moi Pas d’estime de soi possible Fondation de l’estime de soi Fonctionnement pulsionnel archaïque Base des pulsions d’autoconservation Les trois temps du développement libidinal Auto-érotisme Narcissisme Relation objectale Plaisir solitaire Amour de soi Amour de l’autre Zones érogènes partielles Corps unifié Objet différencié Pas de Moi constitué Construction du Moi Moi en relation Absence d’objet Objet = soi-même Objet extérieur Dedans/dehors confondus Début de différenciation Différenciation établie « L’auto-érotisme et le narcissisme sont des moyens employés par le moi infantile pour s’arranger de la frustration […]. » Le terme souligné est en italique dans le texte. « Développements de la psychanalyse » M. KLEIN, P. HEIMANN, S. ISAACS, J. RIVIERE – P.145 Éd. PUF Décembre 1987 « L’amour est issu de la capacité du moi de satisfaire auto érotiquement une part de ses motions pulsionnelles par l’obtention du plaisir d’organe. » S. Freud « Œuvres complètes XIII » P. 183 – éd. PUF Avril 1988 AUTO-ÉROTISME – Chaque pulsion partielle fonctionne de manière autonome – En recherche de plaisir immédiat – Absence de coordination entre les pulsions LIBIDO NARCISSIQUE – INVESTISSEMENT du CORPS PROPRE – Le corps devient le 1er objet d’investissement libidinal – Le sujet commence à percevoir son corps comme un ‘’objet unifié’’ – Amour de soi, (le Moi devient le centre de la libido) – Formation du narcissisme LIBIDO D’OBJET – INVESTISSEMENT OBJECTAL – Le sujet dirige sa libido vers des objets extérieurs (personnes, idées…) – Investissement de l’objet externe et retour sur le Moi – Capacité à aimer et à désirer hors de soi – Relation affective et sexuelle avec autrui   Phase Investissement libidinal Statut de l’objet Moi Anobjectale Moi (auto-érotisme) Non constitué Non différencié Préobjectale Moi + satisfaction Support de plaisir En constitution Objectale Objet distinct Objet total Différencié                                                                            Moi idéal / Idéal du Moi : distinction de registre Moi idéal Idéal du Moi Image narcissique Instance idéalisante Imaginaire Symbolique Illusion de complétude Modèle à atteindre « Ce que je crois être » « Ce que je veux / dois être »   Dyade Tiers Fusion Séparation symbolique Illusion d’unité Reconnaissance du manque Satisfaction immédiate Désir médiatisé Monde clos Ouverture à l’Autre Relation imaginaire Inscription symbolique Fonction Nom-du-Père opérant Défaillance Suppléance Désir de la mère Symbolisé Énigmatique Partiellement organisé Castration Intégrée Impossible Contournée Lien social Stable Fragile / impossible Soutenu artificiellement Structure Névrose Psychose / limite Stabilisation singulière Freud précis qu’« […] au lieu d’un conflit entre pulsions sexuelles et pulsions du moi, il valait mieux parler du conflit entre libido d’objet et libido du moi […]. » S. Freud « Œuvres complètes XVI » P. 206-207 éd. PUF Août 2010

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L’humour : une sublime défense ?

L’humour : Une sublime défense ? Si le mécanisme de défense qu’est l’humour consiste à éviter le déplaisir, il a cette particularité, contrairement à d’autres défenses, de gratifier le Moi d’un retour narcissique. « L’humour n’a pas seulement quelque chose de libérateur […] mais également quelque chose de grandiose et d’exaltant […] Le caractère grandiose est manifestement lié au triomphe du narcissisme, à l’invulnérabilité victorieusement affirmée du moi. » Sigmund Freud « L’inquiétante étrangeté et autres essais » p. 323, éd. FOLIO ESSAIS mars 2006

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Renversement en son contraire & retourement sur soi

Freud, dans le tome XIII de ses Œuvres complètes, précise bien que ce mécanisme est double. Je le cite : « Le renversement dans le contraire, à y regarder de plus près, se résout en deux processus distincts, le retournement d’une pulsion, de l’activité vers la passivité, et le renversement quant au contenu. Les deux processus, parce que distincts, par essence, sont donc à traiter séparément. » S. Freud « Œuvres complètes XIII » p. 171/172, éd. PUF Avril 1988 Renversement en son contraire : un mécanisme de défense que l’on retrouve très fréquemment dans les rêves Le renversement en son contraire dans la vie psychique et dans les rêves Principe : lorsqu’un désir conscient est jugé irréalisable ou inacceptable, l’appareil psychique inverse l’affect ou la direction de ce désir. Effet : le sujet adopte une conduite ou un ressenti qui est l’opposé de ce qu’il souhaite réellement, tout en restant inconscient de la manœuvre. Intérêt : cela permet d’exprimer symboliquement le conflit interne tout en neutralisant l’angoisse liée au désir initial. L’humour : Une sublime défense ? Si le mécanisme de défense qu’est l’humour consiste à éviter le déplaisir, il a cette particularité, contrairement à d’autres défenses, de airement à d’autres défenses, de gratifier le Moi d’un retour narcissique.   « L’humour n’a pas seulement quelque chose de libérateur […] mais également quelque chose de grandiose et d’exaltant […] Le caractère grandiose est manifestement lié au triomphe du narcissisme, à l’invulnérabilité victorieusement affirmée du moi. » Sigmund Freud « L’inquiétante étrangeté et autres essais » p. 323, éd. FOLIO ESSAIS mars 2006

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La rationalisation

Rationalisation et intellectualisation : deux mécanismes imbriqués : « Le sujet répond aux conflits émotionnels ou aux facteurs de stress internes ou externes en dissimulant les motivations réelles de ses propres pensées, actes ou sentiments derrière des explications rassurantes ou complaisantes, mais erronées. »86, éd. Masson janvier 2009Collectif « Mécanismes de défense : principes et échelles d’évaluation » p. 86, éd. Masson janvier 2009                                            Pour conclure : comment distinguer intellectualisation et rationalisation ?    « L’intellectualisation ne déforme pas la réalité d’une situation ni les motivations dans un vécu, mais elle en fait des abstractions et en détache la réalité ressentie par opposition. La rationalisation fait appel à des excuses et à des explications apparemment plausibles afin d’écarter des faits ou des motivations sources de conflit pour le sujet. L’intellectualisation diminue la capacité de l’observateur à partager le vécu du sujet, alors que la rationalisation met l’observateur sur une fausse piste par rapport au vécu réel du sujet. » « Mécanismes de défense : principes et échelles d’évaluation » p. 87 Collectif éd. Masson janvier 2009

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Pourquoi entreprendre une analyse ?

Pourquoi consulter un psychanalyste ? La psychanalyse est une approche thérapeutique à long terme, qui se concentre sur l’exploration de l’inconscient et des processus psychiques profonds. Elle s’adresse tout particulièrement à ceux qui sont disposés à s’engager dans une réflexion introspective et à travailler sur leurs difficultés d’existence qui trouvent leur origine dans l’enfance et dans toute autre expérience passée. Toutefois, les motivations pour consulter un psychanalyste peuvent être variées. Voici quelques-unes des raisons les plus courantes qui poussent les individus à rechercher cette forme de thérapie. Des troubles émotionnels : le sujet peut consulter un psychanalyste lorsqu’il fait face à des difficultés émotionnelles telles que l’anxiété, la dépression, le stress, la colère ou la tristesse. Au fil des séances, le travail analytique lui permettra d’explorer, progressivement, les causes profondes de ces émotions afin de pouvoir les dépasser. Des difficultés relationnelles : qu’elles soient d’ordre familial, conjugal, amical ou professionnel, elles sont une raison courante de consultation. Le (la) psychanalyste peut aider à comprendre les schémas de comportement et les dynamiques relationnelles en présence. Ainsi identifiés, ces modèles céderont la place à de nouvelles façons de communiquer et d‘interagir avec les autres pour des relations interpersonnelles plus équilibrées. Des troubles de l’identité et de l’estime de soi : la personne qui a du mal à se comprendre elle-même, à développer une identité cohérente ou à maintenir une estime de soi positive peut trouver, dans la psychanalyse, le moyen d’explorer les aspects inconscients de son identité et ainsi parvenir à construire une image de soi plus valorisante. Des traumatismes et événements stressants vécus : les situations éprouvantes telles que les deuils, abus ou autres expériences douloureuses du passé peuvent continuer à affecter la vie d’une personne dans le présent et l’amener à se tourner vers la psychanalyse. Cette dernière permet l’exploration des vécus, favorise l’émergence des émotions refoulées et la compréhension de ses répercussions psychologiques. Elle peut également  faciliter l’appréhension des défis de la vie quotidienne, tels que le stress lié au travail, les transitions de vie, les prises de décision importantes, les phobies, les troubles du sommeil ou les habitudes compulsives (addictions, troubles alimentaires). Un ‘’voyage’’ intime : même en l’absence de problèmes spécifiques, certains choisissent cette expérience, désireux de revisiter leur histoire personnelle, d’appréhender au mieux leur propre fonctionnement psychologique et peut-être, tout simplement, désireux de faire connaissance avec eux-mêmes !

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L’intellectualisation

L’intellectualisation est un mécanisme de défense consistant à traiter des contenus émotionnels ou affectifs menaçants par des moyens abstraits, logiques ou théoriques, en évitant l’affect qui leur est associé. Il s’agit d’une manière de mettre à distance les affects douloureux en les abordant sur un mode rationnel ou spéculatif. « L’intellectualisation des processus instinctuels agit en tant que protection contre un danger intérieur et équivaut à une vigilance perpétuelle du moi devant les dangers extérieurs. »  (Les termes soulignés sont en italiques dans le texte) Anna Freud « Le Moi et les mécanismes de défense » p. 162, éd. PUF Avril 2001 Sa fonction dans le psychisme Évite l’angoisse ou les conflits internes en transformant les émotions en pensées abstraites. Sert souvent dans des contextes de conflits œdipiens, de perte, ou d’expériences traumatiques. Peut-être adaptative (dans certains cadres universitaires, professionnels) ou pathologique lorsqu’elle devient rigide ou empêche toute mise en lien avec l’affect.   Exemple clinique : discours d’un étudiant en psychanalyse Un étudiant parle longuement de la théorie freudienne du complexe d’Œdipe et de la castration, mais sans jamais évoquer son propre vécu ou ses émotions. Il analyse son rêve en termes strictement théoriques, sans se demander ce qu’il a ressenti au réveil. L’intellectualisation lui permet ici d’éviter le contact avec des affects personnels liés à ses propres conflits œdipiens. # avec d’autres mécanismes 1 – Ne pas confondre avec la rationalisation, qui justifie une conduite ou un affect après coup. 2 – L’intellectualisation éloigne l’affect, là où la rationalisation restructure la logique du comportement. 3 – À distinguer également du clivage, bien que l’intellectualisation puisse parfois s’accompagner d’un clivage entre pensée et émotion. Enjeux cliniques pour le praticien a-) – Repérer sans confronter brutalement : L’intellectualisation est souvent un refuge contre l’angoisse. Il est essentiel de respecter son utilité temporaire tout en ouvrant progressivement à l’exploration affective. b-) – Travailler sur le lien entre pensée et affect : Aider le patient à faire le pont entre ses réflexions et ses émotions. c-) – Dans le cadre d’une cure analytique, une attention particulière doit être portée aux moments où le discours devient excessivement conceptuel ou déconnecté du vécu.

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