Institut de Formation à la Psychanalyse

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Pourquoi est-il parfois si difficile de…

« Je ne peux pas l’abandonner » Julien vit avec une compagne souffrant d’importantes difficultés affectives. La relation est devenue épuisante. Il se sent constamment critiqué et culpabilisé. Pourtant, lorsqu’on évoque la possibilité d’une séparation, il répond immédiatement : « Elle ne s’en remettrait pas. » « Je ne peux pas lui faire ça. » « Elle a besoin de moi. » Derrière son attachement se cache un sentiment de responsabilité extrêmement fort. Il ne reste plus seulement par amour. Il reste parce qu’il se vit comme indispensable. Partir lui donne l’impression de trahir.   « Je sais que cette relation me détruit, mais je n’arrive pas à partir. » Cette phrase est l’une des plus déroutantes que l’on puisse entendre. Pour les proches, la situation paraît souvent évidente. La souffrance est visible, les humiliations se répètent, les promesses de changement restent sans effet. Alors la question surgit inévitablement : « Pourquoi reste-t-il ? » « Pourquoi ne part-elle pas ? » Pourtant, quitter une relation douloureuse est rarement aussi simple qu’il y paraît. Car une relation ne se résume jamais à la souffrance qu’elle produit. Elle est aussi faite d’attachements, d’espoirs, de souvenirs, de désirs et parfois de blessures beaucoup plus anciennes qui se rejouent à travers elle. L’attachement ne disparaît pas avec la souffrance Nous aimons souvent imaginer que l’amour et la souffrance s’excluent mutuellement. Si quelqu’un nous fait souffrir, nous devrions cesser de l’aimer. La réalité psychique est bien différente. L’être humain est capable d’aimer une personne qui le fait souffrir, tout comme il peut éprouver de la colère envers quelqu’un qu’il aime profondément. Les sentiments humains sont rarement purs. Ils sont souvent mêlés, contradictoires et ambivalents. Une relation douloureuse peut ainsi continuer à procurer de l’affection, du réconfort ou un sentiment d’appartenance malgré la souffrance qu’elle génère. Partir implique alors de renoncer non seulement à ce qui fait mal, mais aussi à ce qui continue à nourrir l’espoir. L’espoir du changement Très souvent, ce n’est pas seulement la relation présente qui retient la personne. C’est la relation rêvée. Celle qui pourrait exister si l’autre changeait. Si cette fois il comprenait. Si cette fois elle reconnaissait ses torts. Si cette fois les choses devenaient enfin différentes. L’espoir agit comme une force de maintien du lien. Chaque moment de tendresse, chaque promesse, chaque amélioration temporaire vient alimenter l’idée que le bonheur est peut-être encore possible. La séparation apparaît alors non seulement comme une perte, mais comme l’abandon d’un rêve. La peur du vide Quitter une relation, même douloureuse, c’est parfois se retrouver face à un vide. Le vide de l’absence. Le vide des habitudes perdues. Le vide des projets abandonnés. Or le psychisme humain redoute souvent davantage l’inconnu que ce qui lui est familier. La souffrance connue peut sembler plus supportable que l’incertitude. On sait ce que l’on perd. On ignore ce que l’on trouvera après. Cette peur du vide explique parfois pourquoi certaines personnes restent dans des situations dont elles reconnaissent pourtant la nocivité. La répétition de l’histoire La psychanalyse a mis en évidence un phénomène troublant : nous sommes parfois attirés par des situations qui ressemblent à des expériences anciennes. Non parce qu’elles nous rendent heureux. Mais parce qu’elles nous sont familières. Une personne ayant grandi dans un climat affectif instable peut inconsciemment retrouver quelque chose de connu dans une relation où alternent proximité et rejet. Une autre, habituée à devoir mériter l’amour, pourra être attirée par des partenaires difficiles à satisfaire. Ce n’est pas un choix conscient. C’est une manière pour le psychisme de tenter de résoudre aujourd’hui ce qui est resté en souffrance hier. Comme si une partie de nous espérait enfin obtenir, dans le présent, la réparation qui n’a jamais eu lieu dans le passé. Le pouvoir des liens invisibles Certaines relations sont également soutenues par des liens psychiques profonds. La loyauté familiale. La peur d’abandonner. Le sentiment de responsabilité envers l’autre. La conviction qu’il faut sauver celui qui souffre. Ces liens invisibles peuvent devenir plus puissants que la souffrance elle-même. La personne ne reste pas uniquement parce qu’elle aime. Elle reste parfois parce qu’elle se sent indispensable. Ou parce qu’elle croit que partir reviendrait à trahir. Partir, c’est aussi faire un deuil On parle souvent de la difficulté à rester. On parle moins de la difficulté à partir. Car partir suppose souvent plusieurs deuils simultanés : Le deuil de la relation. Le deuil de ce que l’on espérait. Le deuil de ce que l’autre aurait pu devenir. Le deuil parfois d’une partie de soi. Ce travail psychique demande du temps. Il ne s’accomplit pas toujours au moment où la souffrance devient évidente. Il survient souvent lorsque la personne est enfin prête à renoncer à l’espoir qui la maintenait jusque-là.

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Psychopathologie : cours du 18.04.2026

« Dans les deux cas, les symptômes sont issus de la libido, ils sont donc des utilisations anormales de celle-ci, un substitut de celle-ci. » Sigmund Freud « Œuvres complètes » XIV p. 400, éd. PUF « Les problèmes se rattachant aux névroses actuelles, dont les symptômes résultent probablement de lésions toxiques directes, ne se prêtent guère à l’étude psychanalytique […] »  Sigmund Freud « Introduction à la psychanalyse » p. 366, éd. P.B.P. 2ème trim. 1971   📌 À retenir Les névroses actuelles relèvent d’un déséquilibre économique de l’excitation pulsionnelle. Leurs symptômes ne procèdent pas d’une formation symbolique comparable à celle des psychonévroses. Le trouble doit être rapporté prioritairement aux conditions actuelles de la sexualité.  La symptomatologie s’exprime principalement sur le versant somatique « […] le symptôme de la névrose actuelle constitue souvent le noyau et la phase préliminaire du symptôme psychonévrotique. » Sigmund Freud « Introduction à la psychanalyse » p. 368, éd. P.B.P. 2ème trim. 1971 📘 « Je veux maintenir […] que chacune des grandes névroses énumérées a pour cause immédiate un trouble particulier de l’économie nerveuse, et que ces modifications pathologiques fonctionnelles reconnaissent comme source commune la vie sexuelle de l’individu, soit désordre de la vie sexuelle actuelle, soit évènements importants de la vie passée. » (Les termes soulignés sont en italique dans le texte) Sigmund Freud « Névrose, psychose et perversion »   p. 53, éd. PUF août 2010 📌 À retenir Freud distingue trois formes principales de névroses actuelles : neurasthénie, névrose d’angoisse et hypocondrie. Chacune correspond à une modalité particulière de dérèglement de l’économie libidinale. 📘 « Les névroses – regroupées le plus souvent par le nom de neurasthénie – peuvent alors, sans que soit requis le concours d’une charge héréditaire, être engendrées par certaines influences nuisibles de la vie sexuelle […] » Sigmund Freud « Œuvres complètes » VIII p. 202, éd. PUF Janvier 2003 🧠 🧠 L’intérêt théorique de la neurasthénie est de montrer une pathologie de l’excitation insuffisamment déchargée, sans recours premier à la logique du refoulement. 🧠 🧠 La neurasthénie se caractérise moins par un conflit psychique élaboré que par une insuffisance de transformation de l’excitation, qui entrave la capacité du sujet à investir la réalité. 📘 Freud écrit qu’il a dû « dégager, du fouillis hétéroclite de tableaux cliniques qu’on recouvrait du nom de neurasthénie, deux types fondamentalement différents »1 (neurasthénie et névrose d’angoisse). (Termes soulignés = italique dans le texte)   « Sigmund Freud présenté par lui-même » p. 42/43, éd. folio essais mars 2000 📘 « […] un quantum d’angoisse librement flottant, qui, pendant l’attente, domine le choix des représentations et est à chaque fois prêt à se lier avec n’importe quel contenu représentatif qui convienne. »  (Les termes soulignés sont en italique dans le texte) Sigmund Freud « Névrose, psychose et perversion » p. 18, éd. PUF août 2010                                                 Neurasthénie et névrose d’angoisse : les différences selon Freud                                                     Neurasthénie et névrose d’angoisse : distinction freudienne Freud distingue la neurasthénie et la névrose d’angoisse à l’intérieur du champ des névroses actuelles. Dans les deux cas, il s’agit d’un trouble actuel de l’économie sexuelle ; mais ces deux tableaux diffèrent par le destin de l’excitation et par le mode clinique de la souffrance. La névrose d’angoisse Dans la névrose d’angoisse, l’excitation sexuelle ne trouve pas de voie de satisfaction ou de décharge suffisamment adéquate. Elle demeure en tension, retenue, interrompue ou déviée dans son cours vers la satisfaction, ce qui favorise sa transformation directe en angoisse. Freud rattache ce tableau à des situations telles que : L’abstinence, Le coït interrompu, L’excitation frustrée, Ou certaines formes de continence imposée. La conséquence clinique principale n’est pas l’épuisement, mais l’apparition d’une angoisse diffuse ou paroxystique, souvent accompagnée de manifestations somatiques : palpitations, vertiges, troubles respiratoires, sueurs, tension corporelle, etc. L’angoisse y est souvent sans objet précis, ou secondairement liée à des contenus représentatifs contingents. Dans cette perspective, la cause immédiate du trouble n’est pas à chercher, au premier plan, du côté d’un conflit psychique refoulé, mais dans une entrave actuelle au devenir de l’excitation. La neurasthénie Dans la neurasthénie, la libido trouve bien une voie de décharge, mais cette décharge demeure inadéquate, insuffisante ou incomplète. L’excitation ne reste donc pas totalement retenue ; elle s’évacue partiellement, sans produire une satisfaction durable ni une réduction suffisante de la tension. Freud associe ce tableau à différentes modalités de satisfaction qu’il juge inadéquates, telles que : Une masturbation poursuivie de façon excessive, Certaines formes répétées de coït interrompu, Les pollutions spontanées, Ou, plus largement, des situations où la satisfaction sexuelle s’avère insuffisante pour le sujet. La conséquence clinique dominante est alors moins l’angoisse que l’affaiblissement général : fatigue nerveuse, irritabilité, troubles du sommeil, baisse de l’élan, inhibition de l’initiative, troubles fonctionnels diffus. Principe différentiel La différence entre ces deux formes cliniques ne tient donc pas à la nature de l’excitation, mais à son destin économique : Dans la neurasthénie, l’excitation est mal déchargée ; Dans la névrose d’angoisse, elle demeure retenue ou sans issue suffisante, au point de se transformer en angoisse. Autrement dit, la neurasthénie relève d’une décharge inadéquate, tandis que la névrose d’angoisse relève d’une tension maintenue. 📘 « […] l’hypocondrie est la forme préférée des neurasthéniques authentiques lorsqu’ils tombent dans la névrose d’angoisse, ce qui se produit fréquemment. » S. Freud « Névrose, psychose et perversion » p. 18, éd. PUF Avril 1997 🎯 À retenir : Dans l’hypocondrie, le corps n’est pas atteint : il est surinvesti.Ce n’est pas l’organe qui est en cause, mais la libido qui s’y fixe. Situation Mécanisme libidinal Statut de l’organe Effet clinique Maladie organique Retrait d’objet → investissement du corps Organe réellement atteint Douleur réelle Hypocondrie Retrait d’objet → surinvestissement narcissique Organe sain Inquiétude et plainte corporelle 📌 L’hypocondrie est une pathologie du déplacement de la libido, et non une pathologie de l’organe. Et surtout : 📌 Elle marque le passage d’une économie libidinale

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Charte spécifique à l’I. F. P. Charte pédagogique & spécifique à l’Organisme de Formation à la Psychanalyse (O.F.)

Charte pédagogique & spécifique à l’Organisme de Formation à la Psychanalyse de Béziers (I. F. P.)   Objet et mission de l’organisme L’Organisme de Formation (O.F.) a pour mission la transmission de savoirs théoriques, cliniques et méthodologiques en psychologie et en psychanalyse, dans une perspective de formation continue, d’approfondissement conceptuel et de réflexion critique. Les formations proposées s’inscrivent dans un cadre pédagogique, non thérapeutique et non prescriptif. Public concerné Les formations s’adressent à : Des étudiants en psychologie ou disciplines connexes, Des professionnels du champ médico-psychologique, éducatif, social ou pédagogique, Toute personne engagée dans une démarche de formation ou de réflexion théorique. Les contenus sont conçus pour un public adulte, sauf mention spécifique concernant des ressources pédagogiques destinées aux enfants.          3.  Cadre pédagogique et épistémologique Les enseignements reposent sur des références théoriques reconnues en psychologie et en psychanalyse.L’organisme adopte une approche : Pluraliste, Non dogmatique, Respectueuse de la diversité des modèles et des pratiques. La formation vise le développement des capacités d’analyse, de conceptualisation et de mise en perspective clinique, et non l’acquisition de protocoles thérapeutiques normatifs. Distinction entre formation et pratique professionnelle Les formations proposées : Ne constituent pas des actes de soin, Ne relèvent pas d’une activité de diagnostic, Ne se substituent pas à une pratique clinique supervisée. Elles ne délivrent aucun diplôme d’État et ne confèrent aucun titre réglementé (psychologue, psychothérapeute, psychiatre), conformément à la législation en vigueur. Supports pédagogiques et vignettes cliniques Les supports utilisés (articles, vidéos, schémas, illustrations, bandes dessinées) ont une fonction pédagogique et illustrative. Les vignettes cliniques présentées sont des constructions fictives, élaborées à des fins de formation.Elles ne décrivent aucune situation réelle, ne reposent sur aucune donnée personnelle et ne correspondent à aucun cas clinique identifiable. Responsabilité des participants Les participants sont invités à adopter une posture réflexive et critique vis-à-vis des contenus proposés. Toute question relevant d’une situation personnelle ou clinique individuelle doit être abordée dans un cadre professionnel approprié.L’Organisme de Formation ne saurait être tenu responsable d’une utilisation des contenus en dehors de leur finalité pédagogique. Contenus destinés aux enfants (le cas échéant) Lorsque des ressources pédagogiques sont proposées à destination d’un public mineur : Elles ont une vocation éducative et préventive, Elles doivent être utilisées sous la responsabilité d’un adulte (parent, enseignant, éducateur), Elles ne constituent ni une évaluation psychologique, ni un outil diagnostique ou thérapeutique. Aucune donnée personnelle concernant les enfants n’est collectée. Éthique et respect des personnes L’Organisme de Formation s’engage à : Respecter la dignité et la singularité des personnes, Prévenir toute forme de stigmatisation ou de réduction normative, Promouvoir une approche éthique des questions psychiques. Les contenus diffusés visent à soutenir la compréhension et la réflexion, sans produire d’injonctions ni de prescriptions implicites. Propriété intellectuelle L’ensemble des supports pédagogiques diffusés dans le cadre des formations est protégé par le droit de la propriété intellectuelle.Toute reproduction, diffusion ou réutilisation sans autorisation préalable est interdite, sauf mention expresse contraire. Évolution de la charte La présente charte pédagogique peut être modifiée ou actualisée afin de garantir sa conformité aux évolutions légales, réglementaires et pédagogiques applicables aux organismes de formation. Cette charte définit le cadre pédagogique, éthique et juridique dans lequel s’inscrivent les activités de l’Organisme de Formation (O. F.).

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