Institut de Formation à la Psychanalyse

Alain Poussines

Pourquoi consulter ?

Il arrive que certains moments de vie deviennent plus difficiles à traverser : des blocages qui se répètent, un mal-être diffus, des relations insatisfaisantes, de l’angoisse, des symptômes physiques… Parfois, rien de précis ne l’explique, et pourtant quelque chose en soi vacille. Consulter, c’est s’offrir un espace pour déposer ce qui ne trouve pas sa place ailleurs. Un lieu où la parole peut circuler librement, sans jugement et, où l’écoute permet de faire émerger ce qui, souvent à notre insu, cherche à se dire. La thérapie analytique ne vise pas des solutions toutes faites. Elle propose un travail singulier et en profondeur pour mieux comprendre ce qui se rejoue dans nos impasses. En prenant le temps d’explorer ce qui se répète et ce qui fait souffrir, le sujet peut, progressivement, se libérer des empreintes du passé et s’autoriser à vivre autrement, à partir de ce qui a du sens pour lui. Chercher à comprendre les évènements passés, là où se sont inscrites nos blessures intimes, peut permettre de se délester d’un fardeau de culpabilité. Reconnaître sa part dans l’histoire, sans pour autant s’y réduire. La psychanalyse permet d’aller au-delà du symptôme ; il ne s’agit pas de faire taire le symptôme ou la souffrance mais d’en éclairer la racine. L’apaisement viendra par surcroît lorsque la parole libérée et écoutée fera émerger ce qui vient influencer nos choix, nos comportements et ce à notre insu. Par son écoute bienveillante, sa connaissance des processus inconscients et son engagement éthique, l’analyste accompagne chacun dans un travail de transformation intérieure, respectueux de sa subjectivité et de son rythme. Co-autrices de cet article : Nicole POUSSINES Psychanalyste Didacticienne – Psychothérapeute D.E. – Sexothérapeute analytique Directrice de l’Institut de Formation à la Psychanalyse de Béziers (I. F. P.) 06.60.89.39.29 Bernadette PÊPE Psychanalyste Didacticienne Superviseuse Sandrine MICHAUD Psychanalyste sur l’Institut de Béziers 06.15.31.30.13 Ellie DERROS Psychanalyste sur Clermont-Ferrand 06.67.68.64.63

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Le harcèlement à la lumière de la psychanalyse (stagiaires en formation)

Ce qui se joue dans l’ombre Le harcèlement, qu’il soit scolaire, professionnel ou cybernétique, est un phénomène qui touche chaque année des millions de personnes dans le monde. Derrière ce terme se cachent des conduites insistantes visant à intimider, humilier ou isoler une victime, souvent dans l’indifférence ou le silence des témoins. Il se caractérise par la répétition d’attitudes hostiles et destructrices dans un rapport de force déséquilibré. Ses conséquences sont lourdes, aussi bien sur la santé psychologique que sur le parcours scolaire, professionnel ou social des victimes. En outre, au-delà des faits, se dessine  une réalité plus subtile : celle du psychisme et des liens, où se mêlent pulsions d’agression, désir de reconnaissance et peur de l’exclusion. Dans une lecture psychanalytique du harcèlement, ce qui se joue au niveau psychique peut être compris comme la mise en acte de conflits inconscients. L’agresseur projette sur l’autre une hostilité qu’il ne  peut contenir, tandis que la victime se trouve renvoyée à la répétition d’expériences antérieures de soumission, voire d’humiliation. Cette dynamique peut mobiliser ce que Sigmund Freud appelait la pulsion de mort, une force inconsciente qui pousse vers la rupture, la destruction ou l’effacement. Elle peut viser l’objet, c’est-à-dire lapersonne sur laquelle sont dirigés les affects ou les désirs du sujet, mais aussi, plus largement, le lien social qui relie les individus entre eux. On observe également le mécanisme de l’identification à l’agresseur, tel que décrit par Anna Freud. En effet, une personne menacée, angoissée ou agressée peut adopter les  comportements  du harceleur,  perpétuant ainsi le cycle de la violence. En choisissant cette défense, c’est à dire en passant de la position passive à la position active, le sujet cherche à maîtriser sa peur et sa vulnérabilité. Au lieu d’être seulement victime, il devient ‘’semblable’’ à l’agresseur et acquiert symboliquement du pouvoir. Par exemple un enfant, qui se sent menacé par un parent autoritaire ou violent, peut reproduire cette attitude en dirigeant la même agressivité envers ses jouets, ses animaux ou ses camarades. Lire le harcèlement à travers la notion de « faux-self » de Donald W. Winnicott Chez Winnicott, le Faux-Soi naît lorsque la mère n’est pas « suffisamment bonne », c’est à dire lorsqu’elle ne parvient pas à s’accorder aux besoins et aux élans du nourrisson. Au lieu de valider son sentiment d’omnipotence et de donner ainsi consistance à son moi naissant, elle impose sa propre réalité. L’enfant se soumet alors, contraint de répondre aux attentes extérieures plutôt qu’à son mouvement spontané. Cette soumission inaugure le Faux-Soi : une organisation défensive qui masque le Vrai-Soi. L’enfant apprend à se modeler sur autrui – la mère, la nounou, les figures proches – et à entretenir les relations de surface, comme s’il était réel. Le Faux-Soi a cependant une fonction essentielle : il protège le noyau du Vrai-Soi en le dissimulant sous une adaptation apparente aux exigences de l’environnement. Le faux-soi, c’est un peu comme un rôle que l’on joue. Parfois ce rôle est discret, comme quand on s’adapte légèrement à une situation. D’autres fois, il prend plus de place et finit par cacher ce que l’on est vraiment. « L’aptitude au compromis est une acquisition. Dans le développement normal, l’équivalent du faux soi est ce quelque chose qui peut se transformer chez l’enfant en une conduite sociale, ce quelque chose qui est susceptible d’adaptation. Chez un individu bien portant, cette conduite sociale représente un compromis. » Madeleine Davis, David Wallbrige : ‘’Winnicott  Introduction à son œuvre’’  p.54/55. éd. puf Mai 1992 Ainsi, le Faux-Soi est à la fois une stratégie de survie et le symptôme de l’échec environnemental : il permet à l’enfant de continuer à vivre en relation, mais au prix de sa spontanéité et de son authenticité. Légende : Naissance → Besoins primaires Relations avec la mère ® selon la qualité de l’environnement Mère suffisamment bonne, elle soutient le Vrai Soi Mère insuffisamment bonne, elle contraint l’enfant à développer un Faux Soi Ce « moi de surface » protège le « vrai-self » mais, à force de répétition, éloigne le sujet de son désir et de son ressenti. Pour survivre dans un climat hostile, il apprend à se taire, à sourire, à faire semblant d’aller bien, à se plier aux normes du groupe. Ce masque psychique peut lui éviter des attaques supplémentaires mais l’isole intérieurement et accroît le sentiment de honte ou de non-existence. Le danger est que la personne s’identifie à ce rôle défensif et perde contact avec ses besoins réels. Le faux-self peut aussi se retrouver chez l’agresseur ou les témoins : certains adoptent des attitudes dures ou indifférentes pour être acceptés du groupe, en reniant leur empathie ou leur culpabilité. Approcher le harcèlement sous l’angle du faux-self permet donc de comprendre comment, derrière les conduites visibles, se joue une économie psychique faite de masques, de défenses et d’adaptations forcées. Le terreau du harcèlement : entre culture, normes et réseaux – De la tolérance implicite à la banalisation de la violence : comprendre les mécanismes du harcèlement Le harcèlement ne surgit pas de nulle part. Il se déploie dans un environnement qui, consciemment ou non, le tolère et le nourrit. – La culture du silence et de l’impunité : lorsqu’une institution, une classe ou une entreprise minimise ou nie les faits, elle crée un terrain propice à leur répétition dans une complicité passive. Ce silence fonctionne comme un refoulement collectif qui empêche la mise en mots et donc la possibilité d’agir, renforçant l’idée que le harceleur n’aura pas de conséquences à craindre. – Les pressions sociales et les normes de groupe : la compétitivité, les hiérarchies rigides ou les codes implicites de certains milieux valorisent la domination et l’exclusion. Sur le plan psychique, cela active des mécanismes d’identification et de rivalité : chacun cherche à ne pas être « l’autre », celui qui sera rejeté. Cette dynamique pousse parfois des individus ordinaires à se conformer au groupe, devenant ainsi, les relais d’une violence ou d’une mise à l’écart collective. – L’influence des réseaux sociaux :

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Le harcèlement à la lumière de la psychanalyse

Ce qui se joue dans l’ombre Le harcèlement, qu’il soit scolaire, professionnel ou cybernétique, est un phénomène qui touche chaque année des millions de personnes dans le monde. Derrière ce terme se cachent des conduites insistantes visant à intimider, humilier ou isoler une victime, souvent dans l’indifférence ou le silence des témoins. Il se caractérise par la répétition d’attitudes hostiles et destructrices dans un rapport de force déséquilibré. Ses conséquences sont lourdes, aussi bien sur la santé psychologique que sur le parcours scolaire, professionnel ou social des victimes. En outre, au-delà des faits, se dessine une réalité plus subtile : celle du psychisme et des liens, où se mêlent pulsions d’agression, désir de reconnaissance et peur de l’exclusion. Dans une lecture psychanalytique du harcèlement, ce qui se joue au niveau psychique peut être compris comme la mise en acte de conflits inconscients. L’agresseur projette sur l’autre une hostilité qu’il ne  peut contenir, tandis que la victime se trouve renvoyée à la répétition d’expériences antérieures de soumission, voire d’humiliation. Cette dynamique peut mobiliser ce que Sigmund Freud appelait la pulsion de mort, une force inconsciente qui pousse vers la rupture, la destruction ou l’effacement. Elle peut viser l’objet, c’est-à-dire la personne sur laquelle sont dirigés les affects ou les désirs du sujet, mais aussi, plus largement, le lien social qui relie les individus entre eux. On observe également le mécanisme de l’identification à l’agresseur, tel que décrit par Anna Freud. En effet, une personne menacée, angoissée ou agressée peut adopter… … Le supplément d’information lié à ce paragraphe est réservé aux stagiaires en formations   Lire le harcèlement à travers la notion de « faux-self » de Donald W. Winnicott Chez Winnicott, le Faux-Soi naît lorsque la mère n’est pas… … Le supplément d’information lié à ce paragraphe est réservé aux stagiaires en formations Ce « moi de surface » protège le « vrai-self » mais, à force de répétition, éloigne le sujet de son désir et de son ressenti. Pour survivre dans un climat hostile, il apprend à se taire, à sourire, à faire semblant d’aller bien, à se plier aux normes du groupe. Ce masque psychique peut lui éviter des attaques supplémentaires mais l’isole intérieurement et accroît le sentiment de honte ou de non-existence. Le danger est que la personne s’identifie à ce rôle défensif et perde contact avec ses besoins réels. Le faux-self peut aussi se retrouver chez l’agresseur ou les témoins : certains adoptent des attitudes dures ou indifférentes pour être acceptés du groupe, en reniant leur empathie ou leur culpabilité. Approcher le harcèlement sous l’angle du faux-self permet donc de comprendre comment, derrière les conduites visibles, se joue une économie psychique faite de masques, de défenses et d’adaptations forcées. Le terreau du harcèlement : entre culture, normes et réseaux – De la tolérance implicite à la banalisation de la violence : comprendre les mécanismes du harcèlement  Le harcèlement ne surgit pas de nulle part. Il se déploie dans un environnement qui, consciemment ou non, le tolère et le nourrit. – La culture du silence et de l’impunité : lorsqu’une institution, une classe ou une entreprise minimise ou nie les faits, elle crée un terrain propice à leur répétition dans une complicité passive. Ce silence fonctionne comme un refoulement collectif qui empêche la mise en mots et donc la possibilité d’agir, renforçant l’idée que le harceleur n’aura pas de conséquences à craindre.    – Les pressions sociales et les normes de groupe : la compétitivité, les hiérarchies rigides ou les codes implicites de certains milieux valorisent la domination et l’exclusion. Sur le plan psychique, cela active des mécanismes d’identification et de rivalité : chacun cherche à ne pas être « l’autre », celui qui sera rejeté. Cette dynamique pousse parfois des individus ordinaires à se conformer au groupe, devenant ainsi, les relais d’une violence ou d’une mise à l’écart collective. – L’influence des réseaux sociaux : l’anonymat relatif et la viralité des contenus démultiplient l’impact des attaques. Une humiliation qui autrefois restait cantonnée à un lieu peut, aujourd’hui, se propager en quelques secondes à des centaines de personnes. Cela produit un effet de scène publique où l’agresseur se sent renforcé par l’audience, tandis que la victime est confrontée à une répétition traumatique quasi infinie. Ces facteurs externes et internes se combinent : ils créent un espace où la violence se banalise, où la parole s’efface et, où les mécanismes inconscients de la pulsion et de la rivalité peuvent se déchaîner sans frein.   Entre blessures visibles et traces psychiques durables Le harcèlement laisse rarement indemne. Ses effets dépassent largement le moment de l’agression et s’inscrivent dans le corps, la pensée et le lien social. Il engendre souvent un stress chronique, une anxiété persistante, une perte d’estime de soi, des troubles du sommeil, un état dépressif… … Le supplément d’information lié à ce paragraphe est réservé aux stagiaires en formations À l’école ou au travail, la victime peut se désinvestir, manquer de motivation, voir ses performances diminuer jusqu’à s’absenter durablement. La peur et la honte conduisent parfois au repli sur soi, à l’éloignement de l’espace collectif, ce qui renforce l’isolement et accroît l’emprise du harceleur. Peu à peu, les liens amicaux et/ou familiaux se distendent, la personne se coupe du monde pour éviter toute nouvelle exposition à la violence. La confiance envers les autres, les institutions ou le groupe s’effrite. Et même les témoins, impuissants ou culpabilisés, portent à leur tour une part de cette souffrance, modifiant le climat d’une classe, d’une entreprise, ou d’une communauté toute entière. Le harcèlement agit ainsi comme un traumatisme relationnel : il détruit le lien de confiance et laisse une empreinte durable sur la manière dont la personne se perçoit et perçoit les autres. Ce phénomène n’est pas seulement un fait social : il est aussi une scène psychique où se rejouent, souvent à l’insu des protagonistes, des conflits inconscients autour du pouvoir, de l’emprise et du désir d’exister pour l’autre. Dans le geste harcelant, comme dans le silence des témoins,

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Stade anal : l’enjeu du pot

Le stade anal : un moment clé dans le développement de l’enfant Vers l’âge de 2 à 3 ans, l’enfant traverse ce qu’on appelle en psychanalyse la phase sadique-anale. C’est à ce moment qu’il commence à contrôler ses selles, souvent en lien avec l’apprentissage de la propreté. Mais ce contrôle n’est pas seulement physique : il prend aussi une valeur affective et relationnelle importante. L’enfant comprend qu’en retenant ou en donnant ses excréments, il peut agir sur son entourage, en particulier sur la personne qui s’occupe de lui (souvent sa mère). Les selles deviennent alors un « cadeau » ou un « trésor », une partie de lui qu’il peut choisir d’offrir ou de garder. À ce stade, un choix important s’offre à lui : Soit il décide de garder pour lui ce qu’il considère comme précieux, affirmant ainsi son autonomie, son pouvoir, et nourrissant une forme de satisfaction personnelle (c’est ce qu’on appelle une position narcissique). Soit il accepte de donner cette partie de lui à la personne qu’il aime, entrant ainsi dans une relation de partage et d’échange (on parle alors d’amour d’objet). Ce moment représente un tournant dans la construction psychologique de l’enfant. Il commence à apprendre que l’amour implique parfois de donner, de se séparer de quelque chose, pour faire plaisir à l’autre ou créer un lien avec lui. La façon dont l’adulte accompagne ce processus est essentielle. Encourager l’enfant avec bienveillance, sans pression, l’aide à grandir en confiance, à s’ouvrir aux autres et à poser les bases de futures relations affectives saines. 🧒 Le stade anal : une étape où l’enfant découvre son pouvoir de donner ou de garder 💡 Une analogie simple : le « cadeau précieux » Imaginez que l’enfant possède une petite boîte à trésors 🧰.Dans cette boîte, il y a quelque chose qu’il a « fabriqué » lui-même (ses selles) et qu’il peut : Soit garder précieusement pour lui, car c’est « à lui », Soit offrir comme un cadeau à quelqu’un qu’il aime, pour lui faire plaisir. 🧠 Ce qui se joue vraiment : 🧍‍♂️ L’enfant peut… 💬 Ce que cela signifie… Garder son « trésor » Il découvre qu’il peut décider, contrôler, dire « non ». Il construit sa personnalité, son autonomie. Offrir son « trésor » Il commence à comprendre l’amour, le partage, le lien avec l’autre. C’est un premier pas vers la relation affective.

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L’angoisse 4-A

 Du cri premier au destin du sujet Il est des mots qui, à force d’être utilisés, perdent de leur densité. Angoisse fait partie de ceux-là. On la confond trop souvent avec l’anxiété du langage courant, ou on la réduit à un symptôme mesurable, quantifiable. Pourtant, pour la psychanalyse, l’angoisse est tout autre : elle est un affect princeps, une expérience qui excède les mots et qui inaugure l’existence du sujet. L’angoisse comme expérience inaugurale Freud n’a cessé de revenir sur l’énigme de l’angoisse. Très tôt, il repère dans l’acte de la naissance le prototype de l’angoisse : une expérience originaire de désaide, où l’enfant, séparé du corps maternel, se confronte brutalement à l’impuissance et au manque. Cet état premier, fait de tensions corporelles et de décharges motrices, demeure comme une trace archaïque, un souvenir sans mémoire, que chaque rencontre avec le danger viendra réactiver. L’angoisse, ainsi, n’est pas réductible à la peur. La peur vise un objet déterminé ; l’angoisse, elle, surgit sans objet ou, plus précisément, elle indique un objet manquant, insaisissable, qui se dérobe à la conscience. Elle témoigne de ce lieu obscur où le sujet rencontre ce qui le déborde. De la décharge à l’alerte La première théorie freudienne liait l’angoisse à une décharge d’excitations sexuelles non élaborées. Une conception encore marquée par l’économie pulsionnelle. Mais Freud en viendra à corriger cette vision : l’angoisse n’est pas seulement le reste d’une énergie mal transformée, elle est aussi et surtout un signal. Le Moi, dans sa fonction de gardien, produit l’angoisse comme alarme : il anticipe la menace, interne ou externe, et mobilise les défenses. Le paradoxe est là : ce qui apparaît pour le sujet comme une souffrance insoutenable est, en vérité, une tentative de protection. L’angoisse prévient, elle prépare, elle avertit. Les visages de l’angoisse On distingue alors plusieurs formes : L’angoisse de réel, réponse proportionnée à une menace concrète ; L’angoisse névrotique, qui surgit d’un conflit intrapsychique, où le danger vient des pulsions elles-mêmes, impossibles à fuir ; L’angoisse morale, née de l’implacable sévérité du Surmoi, et qui prend la figure de la culpabilité ou de la honte. Chacune de ces formes témoigne d’une rencontre entre le sujet et une limite : limite du corps, de la Loi, de son propre désir. L’angoisse, seuil du sujet Pour le clinicien, l’angoisse est un indicateur précieux. Elle révèle où se loge le conflit, elle pointe le lieu de l’irreprésentable. Elle n’est pas à effacer mais à entendre, car elle trace le chemin d’une vérité du sujet. Lacan dira que « l’angoisse n’est pas sans objet » : son objet est justement ce qui manque, ce qui échappe, mais qui, dans son retrait même, convoque le sujet à se situer face à son désir. L’angoisse, dès lors, n’est plus seulement un symptôme : elle devient un point de passage, un seuil où se décide quelque chose du rapport du sujet à lui-même et à l’Autre. Conclusion Pour le psychanalyste, accueillir l’angoisse du patient, ce n’est pas chercher à la calmer à tout prix, mais lui offrir un lieu d’adresse où elle puisse se dire, se transformer, devenir signifiante. L’angoisse est le cri premier, mais aussi le lieu d’une renaissance possible : elle est le point où l’humain, dans son dénuement, rencontre sa vérité la plus intime.  

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