L’apport d’Otto Fenichel
Comme le précise Otto Fenichel : « Une partie de l’énergie pulsionnelle est transformée en énergie contre-pulsionnelle. Une certaine partie du Moi qui inhibe l’activité des pulsions se développe, d’un côté, plus près des instincts et, de l’autre, s’oppose à d’autres parties du Moi qui ont soif de plaisir. Cette nouvelle partie qui, entre autres fonctions, à celle de décider quelles pulsions sont acceptables et quelles pulsions doivent être écartées, est appelée le Surmoi. Alors que le Moi est aussi un représentant du monde extérieur, nous avons ici un représentant particulier du monde extérieur à l’intérieur du premier… » (Terme souligné par l’auteur) Otto Fenichel « La théorie psychanalytique des névroses » p. 20-21, PUF, 4ème édition janvier 1987
« […] le moi trouve sa fonction à unifier entre elles les revendications des trois instances qu’il sert, à les réconcilier… » Sigmund Freud « Œuvres complètes » p. 19 Tome XVII, éd. PUF Janvier 1992
Sigmund Freud écrit :
« […] Quelque part dans le noyau de son moi, l’homme s’est créé un organe de contrôle qui surveille ses propres motions et actions pour voir si elles s’accordent avec ses exigences. » Freud « Œuvres complètes » Tome XV p. 48/50, éd. PUF, Janvier 1992
🧠 Le Surmoi ne se contente pas d’interdire : il juge et punit, soit avant l’acte par l’interdit, soit après l’acte par la culpabilité.
Comme le souligne Sigmund Freud :
« […] C’est ainsi que le sur-moi de l’enfant ne s’édifie pas à vrai dire sur le modèle des parents mais sur celui du sur-moi parental ; il se remplit du même contenu, il devient porteur de la tradition, de tous les jugements de valeur à l’épreuve du temps qui par cette voie se sont perpétués de génération en génération. » Sigmund Freud « Œuvres complètes » Tome XV p. 48/50, éd. PUF – Janvier 1992 –
« […] Il (le Surmoi) est aussi le porteur de l’idéal du moi, auquel le moi se mesure, auquel il aspire, dont il s’efforce d’accomplir la revendication d’un perfectionnement toujours plus avancé. Aucun doute, cet idéal du moi est le précipité de l’ancienne représentation des parents, l’expression de l’admiration pour la perfection que l’enfant leur attribuait alors. Je sais que vous avez beaucoup entendu parler du sentiment d’infériorité […] L’enfant se sent inférieur s’il remarque qu’il n’est pas aimé, et l’adulte tout autant. » Sigmund Freud « Œuvres complètes » Tome
🧠 À retenir
L’Idéal du Moi soutient le développement lorsqu’il est atteignable, il devient source de souffrance lorsqu’il est excessif ou inaccessible.
Si le sujet ne suit pas les règles édictées par son Surmoi => Regret de ses actes => Culpabilité + angoisse voire somatisation.
Comme l’écrit Sigmund Freud :
» Tandis que le moi est essentiellement représentant du monde extérieur, de la réalité, (alors) le sur-moi se pose en face de lui comme mandataire du monde intérieur, du Ça. »
- Freud « Le moi et le ça » p. 83, éd. P.B.P septembre 2010
La position difficile du Moi
Le Moi se trouve alors dans une position particulièrement complexe, car il doit simultanément :
➤ Satisfaire les désirs du Ça,
➤ Satisfaire les exigences du Surmoi, sous peine de culpabilité et d’angoisse,
➤ Satisfaire les attentes de l’Idéal du Moi…
Lorsqu’il parvient à trouver une juste conduite, conciliant désir, interdit et idéal, le Moi peut éprouver un sentiment de valorisation.
🧠 À retenir
- Culpabilité → transgression réelle ou fantasmée de l’interdit
- Angoisse → expression affective de cette culpabilité
- Honte / mésestime de soi → échec face à l’Idéal du Moi
- Rituel obsessionnel → tentative de réparation d’une faute inconsciente
🧠 À retenir
- L’interdit doit être cohérent pour être intériorisé
- Le Surmoi punit le Moi comme le parent punissait l’enfant
- La sévérité du Surmoi dépend de la représentation interne du parent, non du parent réel
- La culpabilité renvoie toujours à la peur de perdre l’amour
🧠 À retenir
Le passage du Surmoi primaire au Surmoi secondaire marque le passage de l’obéissance par peur de la sanction à l’obéissance par culpabilité.