Institut de Formation à la Psychanalyse

Alain Poussines

Stade anal : l’enjeu du pot

Avertissement – Cadre pédagogique. Ce contenu est destiné à l’information et à la formation uniquement. Il ne remplace pas un accompagnement psychologique ou thérapeutique. Les situations, cas et personnages évoqués sont fictifs ou reconstitués à partir de situations composites, dans un but strictement pédagogique. En cas de difficulté psychique, il est conseillé de consulter un professionnel qualifié. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou des situations réelles serait purement fortuite. Le stade anal : un moment clé dans le développement de l’enfant Vers l’âge de 2 à 3 ans, l’enfant traverse ce qu’on appelle en psychanalyse la phase sadique-anale. C’est à ce moment qu’il commence à contrôler ses selles, souvent en lien avec l’apprentissage de la propreté. Mais ce contrôle n’est pas seulement physique : il prend aussi une valeur affective et relationnelle importante. L’enfant comprend qu’en retenant ou en donnant ses excréments, il peut agir sur son entourage, en particulier sur la personne qui s’occupe de lui (souvent sa mère). Les selles deviennent alors un « cadeau » ou un « trésor », une partie de lui qu’il peut choisir d’offrir ou de garder. À ce stade, un choix important s’offre à lui : Soit il décide de garder pour lui ce qu’il considère comme précieux, affirmant ainsi son autonomie, son pouvoir, et nourrissant une forme de satisfaction personnelle (c’est ce qu’on appelle une position narcissique). Soit il accepte de donner cette partie de lui à la personne qu’il aime, entrant ainsi dans une relation de partage et d’échange (on parle alors d’amour d’objet). Ce moment représente un tournant dans la construction psychologique de l’enfant. Il commence à apprendre que l’amour implique parfois de donner, de se séparer de quelque chose, pour faire plaisir à l’autre ou créer un lien avec lui. La façon dont l’adulte accompagne ce processus est essentielle. Encourager l’enfant avec bienveillance, sans pression, l’aide à grandir en confiance, à s’ouvrir aux autres et à poser les bases de futures relations affectives saines. 🧒 Le stade anal : une étape où l’enfant découvre son pouvoir de donner ou de garder 💡 Une analogie simple : le « cadeau précieux » Imaginez que l’enfant possède une petite boîte à trésors 🧰.Dans cette boîte, il y a quelque chose qu’il a « fabriqué » lui-même (ses selles) et qu’il peut : Soit garder précieusement pour lui, car c’est « à lui », Soit offrir comme un cadeau à quelqu’un qu’il aime, pour lui faire plaisir. 🧠 Ce qui se joue vraiment : 🧍‍♂️ L’enfant peut… 💬 Ce que cela signifie… Garder son « trésor » Il découvre qu’il peut décider, contrôler, dire « non ». Il construit sa personnalité, son autonomie. Offrir son « trésor » Il commence à comprendre l’amour, le partage, le lien avec l’autre. C’est un premier pas vers la relation affective.

Stade anal : l’enjeu du pot Lire la suite »

Halloween : une fête où l’inconscient se déguise 2026

Halloween, souvent perçu comme une célébration importée et commerciale, possède en réalité une profondeur symbolique qui mérite une lecture psychanalytique. Derrière les costumes, les masques et les rituels, se joue une mise en scène de l’inconscient collectif et individuel. Le masque et le déguisement : jouer avec l’identité. Se déguiser, c’est mettre à distance son moi habituel. Le masque autorise à explorer des pulsions refoulées, des aspects du psychisme qui d’ordinaire restent cachés. L’enfant qui se transforme en monstre, sorcière ou squelette actualise, de manière ludique, des figures de son imaginaire inconscient. Les déguisements fonctionnent alors comme une autorisation sociale d’exprimer l’ombre, les pulsions agressives ou sexuelles, tout en étant protégé par le jeu. La mort apprivoisée, le retour du refoulé Halloween met au premier plan des images de mort : crânes, fantômes, cimetières. Dans nos sociétés modernes, où la mort est souvent occultée, cette fête devient un espace ritualisé permettant de l’affronter sans effroi paralysant. Du point de vue freudien, ces représentations renvoient au travail du deuil et au retour du refoulé : ce qui est évacué de la conscience trouve un moment pour se dire symboliquement. Le rapport au plaisir et à l’interdit Le célèbre ‘’trick or treat’’ illustre la dialectique pulsionnelle entre l’agression et la gratification. La menace implicite (« un sort ») contrebalance la promesse d’une récompense (« une friandise »). On retrouve ici l’ambivalence fondamentale de la pulsion : Éros et Thanatos, plaisir et destruction, cohabitant dans un même rituel enfantin. Une fonction cathartique En permettant aux enfants comme aux adultes de jouer avec leurs peurs, Halloween fonctionne comme une catharsis. La fête met en scène l’angoisse pour mieux la maîtriser. Dans le cadre psychanalytique, ce rituel peut être lu comme une mise en acte symbolique où chacun négocie avec ses propres angoisses archaïques : peur de l’abandon, de la perte, du néant. Conclusion Halloween n’est donc pas seulement une fête d’importation ou une occasion de consommer des bonbons. Elle agit comme un espace transitionnel où l’imaginaire, l’angoisse et le plaisir se rencontrent. Derrière les rires et les citrouilles illuminées, elle révèle une vérité plus profonde : la nécessité pour l’être humain, de donner une forme symbolique à ses peurs inconscientes afin de mieux les apprivoiser. https://formations-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2025/10/Design-sans-titre-9.mp4

Halloween : une fête où l’inconscient se déguise 2026 Lire la suite »

L’angoisse 4-A

Avertissement – Cadre pédagogique. Ce contenu est destiné à l’information et à la formation uniquement. Il ne remplace pas un accompagnement psychologique ou thérapeutique. Les situations, cas et personnages évoqués sont fictifs ou reconstitués à partir de situations composites, dans un but strictement pédagogique. En cas de difficulté psychique, il est conseillé de consulter un professionnel qualifié. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou des situations réelles serait purement fortuite.  Du cri premier au destin du sujet Il est des mots qui, à force d’être utilisés, perdent de leur densité. Angoisse fait partie de ceux-là. On la confond trop souvent avec l’anxiété du langage courant, ou on la réduit à un symptôme mesurable, quantifiable. Pourtant, pour la psychanalyse, l’angoisse est tout autre : elle est un affect princeps, une expérience qui excède les mots et qui inaugure l’existence du sujet. L’angoisse comme expérience inaugurale Freud n’a cessé de revenir sur l’énigme de l’angoisse. Très tôt, il repère dans l’acte de la naissance le prototype de l’angoisse : une expérience originaire de désaide, où l’enfant, séparé du corps maternel, se confronte brutalement à l’impuissance et au manque. Cet état premier, fait de tensions corporelles et de décharges motrices, demeure comme une trace archaïque, un souvenir sans mémoire, que chaque rencontre avec le danger viendra réactiver. L’angoisse, ainsi, n’est pas réductible à la peur. La peur vise un objet déterminé ; l’angoisse, elle, surgit sans objet ou, plus précisément, elle indique un objet manquant, insaisissable, qui se dérobe à la conscience. Elle témoigne de ce lieu obscur où le sujet rencontre ce qui le déborde. De la décharge à l’alerte La première théorie freudienne liait l’angoisse à une décharge d’excitations sexuelles non élaborées. Une conception encore marquée par l’économie pulsionnelle. Mais Freud en viendra à corriger cette vision : l’angoisse n’est pas seulement le reste d’une énergie mal transformée, elle est aussi et surtout un signal. Le Moi, dans sa fonction de gardien, produit l’angoisse comme alarme : il anticipe la menace, interne ou externe, et mobilise les défenses. Le paradoxe est là : ce qui apparaît pour le sujet comme une souffrance insoutenable est, en vérité, une tentative de protection. L’angoisse prévient, elle prépare, elle avertit. Les visages de l’angoisse On distingue alors plusieurs formes : L’angoisse de réel, réponse proportionnée à une menace concrète ; L’angoisse névrotique, qui surgit d’un conflit intrapsychique, où le danger vient des pulsions elles-mêmes, impossibles à fuir ; L’angoisse morale, née de l’implacable sévérité du Surmoi, et qui prend la figure de la culpabilité ou de la honte. Chacune de ces formes témoigne d’une rencontre entre le sujet et une limite : limite du corps, de la Loi, de son propre désir. L’angoisse, seuil du sujet Pour le clinicien, l’angoisse est un indicateur précieux. Elle révèle où se loge le conflit, elle pointe le lieu de l’irreprésentable. Elle n’est pas à effacer mais à entendre, car elle trace le chemin d’une vérité du sujet. Lacan dira que « l’angoisse n’est pas sans objet » : son objet est justement ce qui manque, ce qui échappe, mais qui, dans son retrait même, convoque le sujet à se situer face à son désir. L’angoisse, dès lors, n’est plus seulement un symptôme : elle devient un point de passage, un seuil où se décide quelque chose du rapport du sujet à lui-même et à l’Autre. Conclusion Pour le psychanalyste, accueillir l’angoisse du patient, ce n’est pas chercher à la calmer à tout prix, mais lui offrir un lieu d’adresse où elle puisse se dire, se transformer, devenir signifiante. L’angoisse est le cri premier, mais aussi le lieu d’une renaissance possible : elle est le point où l’humain, dans son dénuement, rencontre sa vérité la plus intime.  

L’angoisse 4-A Lire la suite »

Le berceau du lien : quand l’enfant découvre l’autre

Avertissement – Cadre pédagogique. Ce contenu est destiné à l’information et à la formation uniquement. Il ne remplace pas un accompagnement psychologique ou thérapeutique. Les situations, cas et personnages évoqués sont fictifs ou reconstitués à partir de situations composites, dans un but strictement pédagogique. En cas de difficulté psychique, il est conseillé de consulter un professionnel qualifié. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou des situations réelles serait purement fortuite. La construction objectale Avant que le monde ne prenne forme, avant même que le regard ne se pose, il y eut un temps sans contours, une mer sans rivages. L’enfant, dans les tout premiers balbutiements de son être, flotte dans une nuit sans objet. Ce temps-là, anobjectal, est celui de l’innommé, de l’indifférencié, de l’être sans dehors. Il n’y a ni mère, ni sein, ni autre — seulement le repli, le silence pulsionnel, et peut-être l’écho lointain d’un battement cardiaque qui ne sait encore à qui il appartient. Puis, dans le théâtre naissant de la subjectivité, une présence émerge. Elle n’est pas encore reconnue comme telle : le sein surgit, non pas en tant que partie d’un corps, mais comme tout l’univers condensé dans une bouche. C’est le temps préobjectal, celui de l’objet partiel élevé à la dignité du Tout. Le sein n’est pas seulement nourricier ; il est absolu, omnipotent, saturé de sens et de désir. En psychanalyse, l’objet n’est pas chose mais présence : une figure, réelle ou rêvée, vers laquelle se tend le désir et s’accroche le besoin. Au début de la vie, le bébé vit sa mère par fragments. Il connaît le sein qui nourrit, la voix qui rassure, la chaleur qui enveloppe, mais il ne sait pas encore que tous ces visages appartiennent à la même personne. Ces « morceaux » d’expériences sont comme des pièces éparses d’un puzzle dont l’image globale n’est pas encore formée. Peu à peu, grâce à la régularité des soins et à la répétition des rencontres, le puzzle s’assemble : la mère devient pour l’enfant une figure entière, une présence stable, aimée dans sa globalité. C’est ce que l’on appelle « l’objet total objectal » — une personne complète, investie de tendresse et de confiance, qui existe dans le cœur de l’enfant même en dehors des moments de contact immédiat. Vient ensuite un tournant plus subtil : l’enfant comprend que cette mère entière est aussi quelqu’un d’autre que lui, avec ses propres envies, ses propres pensées, parfois différentes des siennes. Il découvre qu’elle peut dire non, qu’elle peut s’absenter, tout en restant la même personne aimée. C’est l’« objet total différencié » : non seulement l’image est complète, mais elle est détachée de lui, autonome. Cette découverte, parfois douloureuse, ouvre pourtant la voie à un lien plus solide : l’enfant apprend à aimer malgré la frustration, à garder confiance malgré la distance, et à reconnaître l’autre comme un véritable partenaire de relation, et non comme une simple extension de soi. « Cette illustration retrace le cheminement par lequel l’enfant passe d’une perception fragmentée de sa mère à la reconnaissance d’une personne entière et distincte, capable d’exister au-delà de lui. » Légende du schéma : L’évolution de la perception de la figure maternelle selon la théorie des relations d’objet.1. Objet partiel : le nourrisson perçoit la mère par fragments — un sein, une main, un visage, une voix — sans les relier encore en une unité.2. Objet total objectal : les expériences positives et négatives s’intègrent en une représentation globale ; la mère est reconnue comme une personne entière, investie affectivement, qui existe au-delà du moment présent.3. Objet total différencié : la mère est perçue comme une personne entière et distincte, avec sa propre vie psychique. L’enfant reconnaît son altérité et maintient le lien affectif malgré l’absence ou le désaccord.   La suite de cet article est réservée aux stagiaires en formation  

Le berceau du lien : quand l’enfant découvre l’autre Lire la suite »

Halloween : Pourquoi aimons-nous jouer à nous faire peur ?

Se cacher pour mieux se révéler Se déguiser, c’est bien plus que « faire semblant ». Quand un enfant enfile un costume de vampire ou de sorcière, il ne fait pas qu’amuser son entourage : il explore une autre facette de lui-même. Le masque lui permet d’exprimer en toute sécurité, des parties de son imaginaire souvent tenues à distance – l’agressivité, la séduction, la puissance. Derrière le rire et le jeu, il s’agit d’une manière de tester qui l’on est… et qui l’on pourrait être.     Rire avec la mort Les squelettes, les cimetières et fantômes rappellent que Halloween est une fête où la mort s’invite dans le quotidien. Or, dans nos sociétés modernes, la mort est souvent mise de côté, presque cachée. Halloween permet de l’affronter sans angoisse écrasante : on la caricature, on la rend drôle, on la met en scène avec des bonbons et des farces. Cela revient à apprivoiser une peur universelle, en la transformant en jeu collectif.     Entre menace et récompense « Trick or treat » – « des bonbons ou un sort ! ». Cette petite phrase enfantine résume une tension qui nous habite tous : entre agressivité et douceur, menace et plaisir. La friandise donnée par des adultes apaise la menace et devient, pour les enfants, une petite victoire.  Derrière ce jeu se cache quelque chose de très humain : la coexistence, en chacun de nous, du désir de détruire et celui d’aimer, de menacer et de protéger.     Exorciser nos peurs par le jeuHalloween ne se résume pas à une pluie de bonbons ni à des costumes effrayants, C’est un rituel qui nous permet, petits et grands, d’apprivoiser nos angoisses les plus profondes. Derrière chaque citrouille illuminée se cache une vérité simple : jouer avec nos peurs est souvent le meilleur moyen de les apprivoiser.    

Halloween : Pourquoi aimons-nous jouer à nous faire peur ? Lire la suite »

FREUD aurait aimé HALLOWEEN 2026

Halloween : lecture psychanalytique d’un rituel contemporain aux résonances inconscientes ‘’Pourquoi cette nuit « effrayante » nous fait autant plaisir’’ Étymologie, origines et Histoire L’expression anglaise ‘’trick or treat’’ se traduit littéralement par « un sort ou une friandise ». Elle résume le rituel phare d’Halloween : les enfants, déguisés en créatures effrayantes ou amusantes, vont de maison en maison et lancent cette formule en réclamant des friandises. Historiquement, l’expression suggère que si les habitants n’offrent rien, les enfants pourraient leur jouer un tour (comme lancer du papier toilette, jeter des confettis ou faire une petite blague). Ce rituel puise ses origines dans plusieurs coutumes européennes :  . En Irlande et en Écosse, on pratiquait le guising : des enfants ou des mendiants déguisés passaient de porte en porte en échange de nourriture ou de petites pièces contre des chants ou prières pour les défunts.  . En Angleterre, on connaît le souling médiéval où des ‘’soulers’’  demandaient  des soul cakes (petits gâteaux des âmes) à la Toussaint. Transplantée en Amérique du Nord au XIXe siècle avec l’immigration irlandaise et écossaise, cette tradition s’est transformée en une pratique ludique et commerciale typiquement américaine pour devenir le « trick-or-treating ». Aujourd’hui, ‘’trick or treat’’ est une formule magique en même temps qu’un symbole de convivialité : on n’y voit plus une menace de mauvais tour, mais une invitation à partager un moment joyeux et sucré autour d’Halloween. Halloween est à la fois mémoire d’un ancien rite saisonnier et fête moderne de l’imaginaire. Elle illustre la capacité des traditions à évoluer et à se mêler, tout en gardant un fil invisible avec leurs racines étymologiques et culturelles. Une fête contemporaine aux résonances inconscientes Souvent appréhendée comme une simple fête populaire d’origine anglo-saxonne, Halloween constitue en réalité un moment privilégié où se donnent à voir, sous une forme ritualisée, des dynamiques psychiques profondes. Le recours au déguisement, à la mise en scène de la mort et de la dialectique menace/récompense invite à une lecture psychanalytique de cette célébration. En effet, Halloween permet d’explorer les dimensions de l’inconscient (Freud, 1915), du jeu (Winnicott, 1971) et des archétypes collectifs. Le masque et la transformation de l’identité Le déguisement, élément central d’Halloween, permet un déplacement identificatoire. En revêtant un masque ou un costume, le sujet se met en position d’explorer des identifications transitoires. Selon Freud (1905), le jeu et le travestissement participent d’un accomplissement de désir, où les pulsions trouvent un exutoire symbolique. Winnicott (1971) décrit cet espace comme un ‘’espace transitionnel’’ où le sujet, protégé par le cadre du jeu, peut expérimenter des parties clivées ou refoulées de son psychisme. Ainsi, l’enfant qui se déguise en vampire ou en squelette mobilise  des représentations de la destructivité, de la toute-puissance ou de la séduction, dans un cadre où l’angoisse se transforme en plaisir. Le retour du refoulé et l’épreuve de la mort Halloween met en scène la mort sous des formes caricaturales (fantômes, cimetières, squelettes). Cette omniprésence renvoie au « retour du refoulé » (Freud 1915) : ce que la culture contemporaine tend à évacuer – la finitude, le deuil, la destruction – réapparaît ici de manière ritualisée. On peut rapprocher cette dimension de la « pulsion de mort » (Freud 1920), qui coexiste avec la pulsion de vie et trouve dans Halloween un mode d’expression figuratif et socialement accepté. La dialectique pulsionnelle : entre menace et gratification Le rituel du « trick or treat » illustre la tension entre agressivité et gratification. La menace d’un « sort » en cas de refus de friandises peut être interprétée comme une mise en acte ludique des pulsions agressives, immédiatement contrebalancées par la gratification orale de friandise. Freud (1905) insistait sur l’importance de la dimension orale dans le développement psychique : ici, la sucrerie devient à la fois récompense et objet de satisfaction pulsionnelle. Cette alternance entre menace et plaisir, destruction et réparation, renvoie à la dialectique fondamentale entre Éros et Thanatos (Freud, 1920). Halloween comme dispositif cathartique En permettant la représentation, le partage et la ritualisation de l’angoisse, Halloween joue une fonction cathartique. La fête rend supportable les angoisses archaïques : peur de l’abandon, du néant, de l’inconnu. L’élaboration de ces peurs par la mise en scène collective rejoint la fonction que Freud (1900) attribuait aux rêves : transformer l’angoisse brute en impressions symboliques, permettant leur intégration psychique. Pour conclure Halloween ne saurait être réduite à une importation folklorique ou à une stratégie commerciale. Elle constitue un espace psychique collectif où se donnent à voir les pulsions, les peurs et les désirs inconscients. À travers le masque, la mort représentée et la dialectique menace/récompense, cette fête actualise des mécanismes fondamentaux du psychisme humain. Elle révèle ainsi, dans sa dimension ludique et symbolique, la nécessité anthropologique d’apprivoiser l’inquiétante étrangeté (Freud 1909) qui habite chaque humain.

FREUD aurait aimé HALLOWEEN 2026 Lire la suite »

La régression

Le mécanisme de régression en psychanalyse Thème central : En psychanalyse, la régression désigne un retour à des modes de fonctionnement psychique antérieurs (plus infantiles) dans la manière de penser, d’agir ou de vivre ses affects. Elle peut être temporaire ou durable, et constitue un mécanisme de défense face à l’angoisse, au conflit ou à la frustration. Origine théorique : ➤ Concept introduit et développé par Sigmund Freud, notamment dans Métapsychologie (1917) et Le moi et le ça (1923). ➤ La régression peut être envisagée selon plusieurs axes : ▻ Topique (retour à un système psychique antérieur – du Moi vers l’Inconscient), ▻ Économique (flux libidinal retournant à un point antérieur), ▻ Dynamique (mobilisée en réponse à un conflit), ▻ Temporelle ou développementale (retour à un stade infantile : oral, anal, phallique…). Définition : La régression est un mécanisme psychique par lequel le sujet revient à un mode de satisfaction antérieur, déjà dépassé dans son développement psychosexuel. Elle peut se manifester dans le langage, le comportement, les rêves ou les symptômes. Rôle dans la psychopathologie : ➤ La régression n’est pas uniquement pathologique : elle peut être normale ou transitoire (ex. : régression créative, jeu chez l’enfant, rêverie). ➤ Elle devient problématique lorsqu’elle est massive, rigide ou envahissante : ▻ Dans certaines névroses (ex : hystérie : recours à un fonctionnement plus infantile), ▻ Dans la psychose (désorganisation massive du Moi), ▻ Dans les états-limites, où alternent régressions défensives et passages à l’acte. 1. Régression orale (cas de dépendance affective) ➤ Exemple : Une patiente en état dépressif se replie dans une position de demande passive, cherche une présence maternelle, présente une régression des besoins (besoin d’être nourrie, cocoonée, rassurée). ➤ Interprétation : Elle revient à un mode de relation orale-dépendante, en lien avec les premiers soins maternels. La régression permet d’éviter le manque mais empêche l’autonomie. 2. Régression comportementale post-traumatique ➤ Exemple : Un adolescent victime d’un accident développe des troubles du sommeil, des colères explosives, une envie d’être constamment rassuré par ses parents, et un langage enfantin. ➤ Interprétation : Il régresse à un stade plus infantile comme mécanisme de défense face à un traumatisme trop intense pour être mentalisé. Le psychisme se replie sur des formes primitives de gestion de l’angoisse. Implications pour la pratique clinique ➤ La régression signale une fragilité psychique, mais elle peut aussi être utilisée dans le transfert comme voie d’élaboration. ➤ En cure, certaines régressions sont nécessaires et contenues par le cadre analytique, permettant une reprise symbolique de conflits anciens. ➤ L’analyste doit évaluer le niveau de régression et sa fonction (défensive, expressive, relationnelle), afin de guider l’interprétation et adapter la technique. Références bibliographiques : ➤ Freud, S. (1917). Métapsychologie. ➤ Freud, S. (1923). Le Moi et le Ça. ➤ Laplanche, J. & Pontalis, J.-B. (1967). Vocabulaire de la psychanalyse. ➤ Green, A. (1983). Narcissisme de vie, narcissisme de mort. ➤ Winnicott, D. W. (1971). Jeu et réalité.

La régression Lire la suite »

error: Content is protected !!