👉 Le sujet névrosé souffre de ses symptômes — phobies, obsessions, conversions hystériques, crises d’angoisse — tout en conservant la reconnaissance subjective que « quelque chose ne va pas en lui », même s’il ne comprend pas le sens inconscient de sa souffrance.
→ le sujet sait qu’il souffre, mais ignore pourquoi.
🔹 Le symptôme névrotique fait souffrir le sujet tout en maintenant une position subjective de questionnement.
📘Freud : « Les symptômes ne se forment que pour permettre d’échapper au développement de l’angoisse. »
Tableau comparatif : Psychiatre et psychanalyse
Axes de comparaison | Psychiatrie | Psychanalyse |
Objet principal | Les troubles mentaux et leurs manifestations observables. | Le fonctionnement psychique et le conflit inconscient. |
Statut du symptôme | Le symptôme est un signe clinique servant au diagnostic et à la classification. | Le symptôme est une formation de compromis, solution singulière à un conflit inconscient. |
Finalité du travail clinique | Identifier le trouble et réduire ou supprimer les symptômes. | Élucider le sens du symptôme et transformer le rapport du sujet à son conflit. |
Approche du sujet | Le sujet est appréhendé à partir de catégories diagnostiques. | Le sujet est envisagé dans sa singularité subjective. |
Cadre théorique | Modèle principalement descriptif et nosographique (DSM, CIM). | Modèle dynamique et structural (refoulement, forclusion, déni…). |
Rapport à l’inconscient | L’inconscient n’est pas un concept opératoire central. | L’inconscient est au cœur de la théorie et de la pratique. |
Critère de normalité | Conformité à des normes statistiques ou fonctionnelles. | Capacité du sujet à élaborer psychiquement ses conflits. |
Temporalité | Intérêt privilégié pour le présent symptomatique. | Articulation du présent avec l’histoire psychique du sujet. |
Traitement | Médicamenteux, institutionnel, psychothérapeutique selon les cas. | Travail par la parole, le transfert et l’interprétation. |
Place du clinicien | Expert qui évalue, diagnostique et prescrit. | Analyste qui écoute, accueille la parole et interprète. |
LES NÉVROSES TRAUMATIQUES :
« Toute expérience qui expose le moi à une soudaine invasion de stimuli qu’il ne peut réduire à son niveau d’équilibre homéostatique est traumatique. » F. Alexander « Principes de psychanalyse » p. 217, éd. PAYOT X-3-1952
Le travail clinique de la névrose traumatique vise moins l’interprétation du conflit que la liaison progressive d’une excitation effractante restée sans représentation.
Freud lui-même rappelait l’importance de cette dépense énergétique constante du Moi :
« Je vous ai déjà parlé, n’est-ce pas, du ‘’contre-investissement’’ dont le moi fait la dépense lors d’un refoulement et qu’il doit entretenir de façon permanente afin que le refoulement soit stable. » Sigmund Freud « Œuvres complètes » XIV p. 425, éd. PUF novembre 2000
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- Dans la névrose de transfert, ce qui revient est refoulé
- Dans la névrose traumatique, ce qui revient n’a jamais pu être lié.
Cette distinction implique un travail de thérapie différent
- Dans la névrose de transfert : Interpréter le refoulé
- Dans la névrose traumatisme : Contenir et lier le trauma
👉 D’où la prudence interprétative dans la clinique traumatique précoce.
🔹 Les névroses traumatiques : afflux soudain d’excitations exogènes
Les névroses traumatiques sont causées par un choc émotionnel si puissant que les résistances psychologiques du sujet sont débordées.
- L’afflux brutal d’excitations exogènes désorganise l’appareil psychique,
- La tension est telle que le sujet est incapable de maîtriser la situation,
- Il s’ensuit une effraction du pare-excitation et la mise en place de symptômes traumatiques (cauchemars, reviviscences, hyper vigilance).