Institut de Formation à la Psychanalyse

La Psychopathologie cours du 21 février 2026

👉 Le sujet névrosé souffre de ses symptômes — phobies, obsessions, conversions hystériques, crises d’angoisse — tout en conservant la reconnaissance subjective que « quelque chose ne va pas en lui », même s’il ne comprend pas le sens inconscient de sa souffrance.

le sujet sait qu’il souffre, mais ignore pourquoi.

🔹 Le symptôme névrotique fait souffrir le sujet tout en maintenant une position subjective de questionnement.

📘Freud : « Les symptômes ne se forment que pour permettre d’échapper au développement de l’angoisse. »

Tableau comparatif : Psychiatre et psychanalyse

Axes de comparaison

Psychiatrie

Psychanalyse

Objet principal

Les troubles mentaux et leurs manifestations observables.

Le fonctionnement psychique et le conflit inconscient.

Statut du symptôme

Le symptôme est un signe clinique servant au diagnostic et à la classification.

Le symptôme est une formation de compromis, solution singulière à un conflit inconscient.

Finalité du travail clinique

Identifier le trouble et réduire ou supprimer les symptômes.

Élucider le sens du symptôme et transformer le rapport du sujet à son conflit.

Approche du sujet

Le sujet est appréhendé à partir de catégories diagnostiques.

Le sujet est envisagé dans sa singularité subjective.

Cadre théorique

Modèle principalement descriptif et nosographique (DSM, CIM).

Modèle dynamique et structural (refoulement, forclusion, déni…).

Rapport à l’inconscient

L’inconscient n’est pas un concept opératoire central.

L’inconscient est au cœur de la théorie et de la pratique.

Critère de normalité

Conformité à des normes statistiques ou fonctionnelles.

Capacité du sujet à élaborer psychiquement ses conflits.

Temporalité

Intérêt privilégié pour le présent symptomatique.

Articulation du présent avec l’histoire psychique du sujet.

Traitement

Médicamenteux, institutionnel, psychothérapeutique selon les cas.

Travail par la parole, le transfert et l’interprétation.

Place du clinicien

Expert qui évalue, diagnostique et prescrit.

Analyste qui écoute, accueille la parole et interprète.

                                                                          LES  NÉVROSES TRAUMATIQUES :

« Toute expérience qui expose le moi à une soudaine invasion de stimuli qu’il ne peut réduire à son niveau d’équilibre homéostatique est traumatique. »  F. Alexander « Principes de psychanalyse » p. 217, éd. PAYOT X-3-1952

Le travail clinique de la névrose traumatique vise moins l’interprétation du conflit que la liaison progressive d’une excitation effractante restée sans représentation.

Freud lui-même rappelait l’importance de cette dépense énergétique constante du Moi :

« Je vous ai déjà parlé, n’est-ce pas, du ‘’contre-investissement’’ dont le moi fait la dépense lors d’un refoulement et qu’il doit entretenir de façon permanente afin que le refoulement soit stable. » Sigmund Freud « Œuvres complètes » XIV p. 425, éd. PUF novembre 2000

🧠

  • Dans la névrose de transfert, ce qui revient est refoulé
  • Dans la névrose traumatique, ce qui revient n’a jamais pu être lié.

Cette distinction implique un travail de thérapie différent

  • Dans la névrose de transfert : Interpréter le refoulé
  • Dans la névrose traumatisme : Contenir et lier le trauma

 👉 D’où la prudence interprétative dans la clinique traumatique précoce.

                                         🔹 Les névroses traumatiques : afflux soudain d’excitations exogènes

Les névroses traumatiques sont causées par un choc émotionnel si puissant que les résistances psychologiques du sujet sont débordées.

  • L’afflux brutal d’excitations exogènes désorganise l’appareil psychique,
  • La tension est telle que le sujet est incapable de maîtriser la situation,
  • Il s’ensuit une effraction du pare-excitation et la mise en place de symptômes traumatiques (cauchemars, reviviscences, hyper vigilance).

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