Institut de Formation à la Psychanalyse

Alain Poussines

Janvier, le mois des résolutions : Les promesses du Moi 4-A

Avertissement – Cadre pédagogique. Le contenu de ce dossier est destiné à l’information et à la formation uniquement. Il ne remplace pas un accompagnement psychologique ou thérapeutique. Les situations, cas et personnages évoqués sont fictifs ou reconstitués à partir de situations composites, dans un but strictement pédagogique. En cas de difficulté psychique, il est conseillé de consulter un professionnel qualifié. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou des situations réelles serait purement fortuite. Ce dossier propose une analyse des résolutions prises à l’occasion de la nouvelle année, envisagées comme un dispositif symbolique où s’articulent la mémoire du passé, la projection vers l’avenir et une tentative de remaniement subjectif. Il sera illustré par des exemples concrets, empruntés à la vie quotidienne, donnant à voir comment ces promesses s’actualisent, ou échouent, dans le vécu du sujet. La compréhension de ce dispositif implique un retour sur les conditions historiques de son émergence et de ses transformations. Une tradition aux racines anciennes Les résolutions du Nouvel An, souvent envisagées aujourd’hui comme un simple rituel de développement personnel, s’inscrivent en réalité dans une histoire plurimillénaire.  Mésopotamie antique Les engagements pris au seuil de l’année nouvelle avaient pour fonction première de restaurer un ordre ‘’moral, social et cosmique’’ en promettant aux dieux une conduite plus juste, afin d’assurer stabilité et prospérité collectives. Rome antique Ce moment de passage acquiert une portée symbolique décisive avec Janus, dieu aux deux visages, l’un tourné vers le passé, l’autre vers l’avenir. Le début de l’année devient alors un temps liminaire, où le sujet est invité à regarder ce qui a été, tout en se projetant vers ce qui doit advenir. Les résolutions s’y inscrivent comme un acte à la fois moral et civique, articulé à l’ordre social et politique.   Moyen Âge Le christianisme transforme ces engagements en vœux de pénitence et de vertu. La résolution se charge alors d’une dimension intérieure plus marquée, orientée vers la purification morale, le renoncement et l’idéal de perfection, souvent traversée par la culpabilité et la faute. XVIIIᵉ siècle Un tournant s’opère : les résolutions se laïcisent et s’individualisent. Sous l’effet de l’affirmation du sujet et de l’essor d’une psychologie morale fondée sur l’examen de la conscience individuelle, elles deviennent un espace d’introspection. L’engagement ne relève plus de Dieu ni de la cité, mais du rapport à soi. XXᵉ et XXIᵉ siècles Les résolutions s’intègrent pleinement à la culture contemporaine du bien-être et de la performance. Orientées vers la santé, la réussite ou la productivité, elles sont désormais pensées en termes d’objectifs, de discipline et de modification des comportements. Éléments de synthèse Le déplacement du sacré vers le psychologique, et du collectif vers le subjectif éclaire la fonction profonde des résolutions. Elles constituent un rituel de passage où le sujet se tient à la frontière du temps, entre héritage du passé et aspiration à se transformer. Au fond, ces résolutions sont un rituel ancien de renouvellement, transformé par chaque civilisation, mais toujours motivé par le même désir humain : donner sens au passage du temps et améliorer sa vie. Résolutions de janvier : Promesses conscientes, désirs inconscients Chaque début d’année voit fleurir une myriade de résolutions, gravées dans la ferveur du 1er janvier ou confiés dans la solitude d’un carnet.  Il y a dans ce moment quelque chose de profondément humain : une impulsion vers l’avenir, un désir de rupture avec ce qui pèse, ce qui se répète ou nous entrave. Pourtant, derrière la simplicité apparente de ces déclarations de bonne volonté se cache une réalité bien plus subtile. La résolution est un acte narratif, une mise en récit de soi, mais aussi une tentative psychique d’organiser le chaos intérieur. Et si elle échoue souvent, ce n’est pas par faiblesse morale, mais parce qu’elle se situe exactement à la croisée de la conscience et de l’inconscient. Les dessous psychiques d’un geste ordinaire La psychanalyse invite à entendre les résolutions non comme de simples engagements volontaires, mais comme des formations psychiques complexes, où le désir de changement se heurte aux forces de la répétition inconsciente. Comprendre ce geste si courant, presque banal, demande donc de dépasser la vision superficielle de la simple « bonne décision ». Car la résolution est un phénomène plus vaste : une scène symbolique où s’affrontent désir, volonté, idéal, répétition et langage. La résolution : l’art de se promettre l’impossible Une charnière narrative dans l’histoire personnelle La résolution est d’abord une séquence du récit. Dans la littérature, elle incarne souvent l’instant décisif où un personnage, après errance ou tourment, se tient face à lui-même et prend position. Elle opère comme  un point de bascule, un lieu où l’histoire se partage entre un passé qui s’achève et un avenir qui s’esquisse. Cette séquence est portée par une puissance singulière. Elle concentre l’élan du serment et la promesse d’un pacte intime, par lequel le sujet tente de se dégager de ce qui le détermine. Il s’y éprouve, brièvement, comme l’auteur possible de son devenir. En ce sens, chaque résolution prend la forme d’un micro-récit de métamorphose, non une page blanche, mais une tentative d’inscription nouvelle sur la trame du déjà-écrit. Le rituel du recommencement Le Nouvel An condense cette dramaturgie personnelle en un rituel collectif. Comme les rites anciens de purification ou de renaissance, il propose une frontière nette, en une nuit, où l’on quitte symboliquement ce qui a été et où l’on s’autorise une nouvelle narration de soi. Ainsi, même lorsqu’elle concerne des gestes humbles ‘’mieux manger, lire davantage, appeler un ami’’, la résolution prend l’allure d’une renaissance littéraire : un chapitre inédit à écrire. La beauté fragile de la promesse Mais la résolution porte en elle une fragilité intrinsèque. Elle est suspendue entre la volonté et l’incertitude, entre l’élan et la rechute possible. Cette tension fait partie de son charme, elle rappelle que l’être humain est à la fois un être de projets et un être de limites. La résolution est belle parce qu’elle est vulnérable, elle met en lumière la noblesse du désir de changement, même lorsque le réel

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Janvier, le mois des résolutions : Les promesses du Moi *

Avertissement – Cadre pédagogique. Le contenu de ce dossier est destiné à l’information et à la formation uniquement. Il ne remplace pas un accompagnement psychologique ou thérapeutique. Les situations, cas et personnages évoqués sont fictifs ou reconstitués à partir de situations composites, dans un but strictement pédagogique. En cas de difficulté psychique, il est conseillé de consulter un professionnel qualifié. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou des situations réelles serait purement fortuite. Ce dossier propose une analyse des résolutions prises à l’occasion de la nouvelle année, envisagées comme un dispositif symbolique où s’articulent la mémoire du passé, la projection vers l’avenir et une tentative de remaniement subjectif. Il sera illustré par des exemples concrets, empruntés à la vie quotidienne, donnant à voir comment ces promesses s’actualisent, ou échouent, dans le vécu du sujet. La compréhension de ce dispositif implique un retour sur les conditions historiques de son émergence et de ses transformations. Une tradition aux racines anciennes Les résolutions du Nouvel An, souvent envisagées aujourd’hui comme un simple rituel de développement personnel, s’inscrivent en réalité dans une histoire plurimillénaire.  Mésopotamie antique Les engagements pris au seuil de l’année nouvelle avaient pour fonction première de restaurer un ordre ‘’moral, social et cosmique’’ en promettant aux dieux une conduite plus juste, afin d’assurer stabilité et prospérité collectives. Rome antique Ce moment de passage acquiert une portée symbolique décisive avec Janus, dieu aux deux visages, l’un tourné vers le passé, l’autre vers l’avenir. Le début de l’année devient alors un temps liminaire, où le sujet est invité à regarder ce qui a été, tout en se projetant vers ce qui doit advenir. Les résolutions s’y inscrivent comme un acte à la fois moral et civique, articulé à l’ordre social et politique.   Moyen Âge Le christianisme transforme ces engagements en vœux de pénitence et de vertu. La résolution se charge alors d’une dimension intérieure plus marquée, orientée vers la purification morale, le renoncement et l’idéal de perfection, souvent traversée par la culpabilité et la faute. XVIIIᵉ siècle Un tournant s’opère : les résolutions se laïcisent et s’individualisent. Sous l’effet de l’affirmation du sujet et de l’essor d’une psychologie morale fondée sur l’examen de la conscience individuelle, elles deviennent un espace d’introspection. L’engagement ne relève plus de Dieu ni de la cité, mais du rapport à soi. XXᵉ et XXIᵉ siècles Les résolutions s’intègrent pleinement à la culture contemporaine du bien-être et de la performance. Orientées vers la santé, la réussite ou la productivité, elles sont désormais pensées en termes d’objectifs, de discipline et de modification des comportements. Éléments de synthèse Le déplacement du sacré vers le psychologique, et du collectif vers le subjectif éclaire la fonction profonde des résolutions. Elles constituent un rituel de passage où le sujet se tient à la frontière du temps, entre héritage du passé et aspiration à se transformer. Au fond, ces résolutions sont un rituel ancien de renouvellement, transformé par chaque civilisation, mais toujours motivé par le même désir humain : donner sens au passage du temps et améliorer sa vie. Résolutions de janvier : Promesses conscientes, désirs inconscients Chaque début d’année voit fleurir une myriade de résolutions, gravées dans la ferveur du 1er janvier ou confiés dans la solitude d’un carnet.  Il y a dans ce moment quelque chose de profondément humain : une impulsion vers l’avenir, un désir de rupture avec ce qui pèse, ce qui se répète ou nous entrave. Pourtant, derrière la simplicité apparente de ces déclarations de bonne volonté se cache une réalité bien plus subtile. La résolution est un acte narratif, une mise en récit de soi, mais aussi une tentative psychique d’organiser le chaos intérieur. Et si elle échoue souvent, ce n’est pas par faiblesse morale, mais parce qu’elle se situe exactement à la croisée de la conscience et de l’inconscient. Les dessous psychiques d’un geste ordinaire La psychanalyse invite à entendre les résolutions non comme de simples engagements volontaires, mais comme des formations psychiques complexes, où le désir de changement se heurte aux forces de la répétition inconsciente. Comprendre ce geste si courant, presque banal, demande donc de dépasser la vision superficielle de la simple « bonne décision ». Car la résolution est un phénomène plus vaste : une scène symbolique où s’affrontent désir, volonté, idéal, répétition et langage. La résolution : l’art de se promettre l’impossible Une charnière narrative dans l’histoire personnelle La résolution est d’abord une séquence du récit. Dans la littérature, elle incarne souvent l’instant décisif où un personnage, après errance ou tourment, se tient face à lui-même et prend position. Elle opère comme  un point de bascule, un lieu où l’histoire se partage entre un passé qui s’achève et un avenir qui s’esquisse. Cette séquence est portée par une puissance singulière. Elle concentre l’élan du serment et la promesse d’un pacte intime, par lequel le sujet tente de se dégager de ce qui le détermine. Il s’y éprouve, brièvement, comme l’auteur possible de son devenir. En ce sens, chaque résolution prend la forme d’un micro-récit de métamorphose, non une page blanche, mais une tentative d’inscription nouvelle sur la trame du déjà-écrit. Le rituel du recommencement Le Nouvel An condense cette dramaturgie personnelle en un rituel collectif. Comme les rites anciens de purification ou de renaissance, il propose une frontière nette, en une nuit, où l’on quitte symboliquement ce qui a été et où l’on s’autorise une nouvelle narration de soi. Ainsi, même lorsqu’elle concerne des gestes humbles ‘’mieux manger, lire davantage, appeler un ami’’, la résolution prend l’allure d’une renaissance littéraire : un chapitre inédit à écrire. La beauté fragile de la promesse Mais la résolution porte en elle une fragilité intrinsèque. Elle est suspendue entre la volonté et l’incertitude, entre l’élan et la rechute possible. Cette tension fait partie de son charme, elle rappelle que l’être humain est à la fois un être de projets et un être de limites. La résolution est belle parce qu’elle est vulnérable, elle met en lumière la noblesse du désir de changement, même lorsque le réel

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Charte spécifique à l’I. F. P. Charte pédagogique & spécifique à l’Organisme de Formation à la Psychanalyse (O.F.)

Charte pédagogique & spécifique à l’Organisme de Formation à la Psychanalyse de Béziers (I. F. P.)   Objet et mission de l’organisme L’Organisme de Formation (O.F.) a pour mission la transmission de savoirs théoriques, cliniques et méthodologiques en psychologie et en psychanalyse, dans une perspective de formation continue, d’approfondissement conceptuel et de réflexion critique. Les formations proposées s’inscrivent dans un cadre pédagogique, non thérapeutique et non prescriptif. Public concerné Les formations s’adressent à : Des étudiants en psychologie ou disciplines connexes, Des professionnels du champ médico-psychologique, éducatif, social ou pédagogique, Toute personne engagée dans une démarche de formation ou de réflexion théorique. Les contenus sont conçus pour un public adulte, sauf mention spécifique concernant des ressources pédagogiques destinées aux enfants.          3.  Cadre pédagogique et épistémologique Les enseignements reposent sur des références théoriques reconnues en psychologie et en psychanalyse.L’organisme adopte une approche : Pluraliste, Non dogmatique, Respectueuse de la diversité des modèles et des pratiques. La formation vise le développement des capacités d’analyse, de conceptualisation et de mise en perspective clinique, et non l’acquisition de protocoles thérapeutiques normatifs. Distinction entre formation et pratique professionnelle Les formations proposées : Ne constituent pas des actes de soin, Ne relèvent pas d’une activité de diagnostic, Ne se substituent pas à une pratique clinique supervisée. Elles ne délivrent aucun diplôme d’État et ne confèrent aucun titre réglementé (psychologue, psychothérapeute, psychiatre), conformément à la législation en vigueur. Supports pédagogiques et vignettes cliniques Les supports utilisés (articles, vidéos, schémas, illustrations, bandes dessinées) ont une fonction pédagogique et illustrative. Les vignettes cliniques présentées sont des constructions fictives, élaborées à des fins de formation.Elles ne décrivent aucune situation réelle, ne reposent sur aucune donnée personnelle et ne correspondent à aucun cas clinique identifiable. Responsabilité des participants Les participants sont invités à adopter une posture réflexive et critique vis-à-vis des contenus proposés. Toute question relevant d’une situation personnelle ou clinique individuelle doit être abordée dans un cadre professionnel approprié.L’Organisme de Formation ne saurait être tenu responsable d’une utilisation des contenus en dehors de leur finalité pédagogique. Contenus destinés aux enfants (le cas échéant) Lorsque des ressources pédagogiques sont proposées à destination d’un public mineur : Elles ont une vocation éducative et préventive, Elles doivent être utilisées sous la responsabilité d’un adulte (parent, enseignant, éducateur), Elles ne constituent ni une évaluation psychologique, ni un outil diagnostique ou thérapeutique. Aucune donnée personnelle concernant les enfants n’est collectée. Éthique et respect des personnes L’Organisme de Formation s’engage à : Respecter la dignité et la singularité des personnes, Prévenir toute forme de stigmatisation ou de réduction normative, Promouvoir une approche éthique des questions psychiques. Les contenus diffusés visent à soutenir la compréhension et la réflexion, sans produire d’injonctions ni de prescriptions implicites. Propriété intellectuelle L’ensemble des supports pédagogiques diffusés dans le cadre des formations est protégé par le droit de la propriété intellectuelle.Toute reproduction, diffusion ou réutilisation sans autorisation préalable est interdite, sauf mention expresse contraire. Évolution de la charte La présente charte pédagogique peut être modifiée ou actualisée afin de garantir sa conformité aux évolutions légales, réglementaires et pédagogiques applicables aux organismes de formation. Cette charte définit le cadre pédagogique, éthique et juridique dans lequel s’inscrivent les activités de l’Organisme de Formation (O. F.).

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La névrose d’échec

Trois destins de la pulsion du savoir Pulsion du savoir Sublimation Refoulement Interdit de savoir                                                     Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.

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Synthèse Première topique de S. FREUD

Freud : « La théorie du refoulement est le pilier sur lequel repose l’édifice de la psychanalyse. » Sigmund Freud « Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique » dans « Cinq leçons sur la psychanalyse » p. 81, éd. : Petite Bibliothèque Payot mars 1988   Le refoulement originaire sert d’attraction à tous les autres. C’est une sorte de noyau, une sorte de prototype de refoulement pour tous les refoulements à venir.     Approche théorique du refoulement Le refoulement est un mécanisme de défense par lequel le Moi écarte de la conscience des idées, souvenirs ou pulsions jugés inacceptables, et les maintient dans l’inconscient.      

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Pourquoi consulter ?

Avertissement – Cadre pédagogique. Ce contenu est destiné à l’information et à la formation uniquement. Il ne remplace pas un accompagnement psychologique ou thérapeutique. Les situations, cas et personnages évoqués sont fictifs ou reconstitués à partir de situations composites, dans un but strictement pédagogique. En cas de difficulté psychique, il est conseillé de consulter un professionnel qualifié. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou des situations réelles serait purement fortuite. Pourquoi consulter ? Il arrive que certains moments de vie deviennent plus difficiles à traverser : des blocages qui se répètent, un mal-être diffus, des relations insatisfaisantes, de l’angoisse, des symptômes physiques… Parfois, rien de précis ne l’explique, et pourtant quelque chose en soi vacille. Consulter, c’est s’offrir un espace pour déposer ce qui ne trouve pas sa place ailleurs. Un lieu où la parole peut circuler librement, sans jugement et, où l’écoute permet de faire émerger ce qui, souvent à notre insu, cherche à se dire. La thérapie analytique ne vise pas des solutions toutes faites. Elle propose un travail singulier et en profondeur pour mieux comprendre ce qui se rejoue dans nos impasses. En prenant le temps d’explorer ce qui se répète et ce qui fait souffrir, le sujet peut, progressivement, se libérer des empreintes du passé et s’autoriser à vivre autrement, à partir de ce qui a du sens pour lui. Chercher à comprendre les évènements passés, là où se sont inscrites nos blessures intimes, peut permettre de se délester d’un fardeau de culpabilité. Reconnaître sa part dans l’histoire, sans pour autant s’y réduire. La psychanalyse permet d’aller au-delà du symptôme ; il ne s’agit pas de faire taire le symptôme ou la souffrance mais d’en éclairer la racine. L’apaisement viendra par surcroît lorsque la parole libérée et écoutée fera émerger ce qui vient influencer nos choix, nos comportements et ce à notre insu. Par son écoute bienveillante, sa connaissance des processus inconscients et son engagement éthique, l’analyste accompagne chacun dans un travail de transformation intérieure, respectueux de sa subjectivité et de son rythme. Co-autrices de cet article : Nicole POUSSINES Psychanalyste Didacticienne – Psychothérapeute D.E. – Sexothérapeute analytique Directrice de l’Institut de Formation à la Psychanalyse de Béziers (I. F. P.) 06.60.89.39.29 Bernadette PÊPE Psychanalyste Didacticienne Superviseuse Sandrine MICHAUD Psychanalyste sur l’Institut de Béziers 06.15.31.30.13 Ellie DERROS Psychanalyste sur Clermont-Ferrand 06.67.68.64.63

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Le harcèlement à la lumière de la psychanalyse (stagiaires en formation)

Avertissement – Cadre pédagogique. Ce contenu est destiné à l’information et à la formation uniquement. Il ne remplace pas un accompagnement psychologique ou thérapeutique. Les situations, cas et personnages évoqués sont fictifs ou reconstitués à partir de situations composites, dans un but strictement pédagogique. En cas de difficulté psychique, il est conseillé de consulter un professionnel qualifié. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou des situations réelles serait purement fortuite. Ce qui se joue dans l’ombre Le harcèlement, qu’il soit scolaire, professionnel ou cybernétique, est un phénomène qui touche chaque année des millions de personnes dans le monde. Derrière ce terme se cachent des conduites insistantes visant à intimider, humilier ou isoler une victime, souvent dans l’indifférence ou le silence des témoins. Il se caractérise par la répétition d’attitudes hostiles et destructrices dans un rapport de force déséquilibré. Ses conséquences sont lourdes, aussi bien sur la santé psychologique que sur le parcours scolaire, professionnel ou social des victimes. En outre, au-delà des faits, se dessine  une réalité plus subtile : celle du psychisme et des liens, où se mêlent pulsions d’agression, désir de reconnaissance et peur de l’exclusion. Dans une lecture psychanalytique du harcèlement, ce qui se joue au niveau psychique peut être compris comme la mise en acte de conflits inconscients. L’agresseur projette sur l’autre une hostilité qu’il ne  peut contenir, tandis que la victime se trouve renvoyée à la répétition d’expériences antérieures de soumission, voire d’humiliation. Cette dynamique peut mobiliser ce que Sigmund Freud appelait la pulsion de mort, une force inconsciente qui pousse vers la rupture, la destruction ou l’effacement. Elle peut viser l’objet, c’est-à-dire lapersonne sur laquelle sont dirigés les affects ou les désirs du sujet, mais aussi, plus largement, le lien social qui relie les individus entre eux. On observe également le mécanisme de l’identification à l’agresseur, tel que décrit par Anna Freud. En effet, une personne menacée, angoissée ou agressée peut adopter les  comportements  du harceleur,  perpétuant ainsi le cycle de la violence. En choisissant cette défense, c’est à dire en passant de la position passive à la position active, le sujet cherche à maîtriser sa peur et sa vulnérabilité. Au lieu d’être seulement victime, il devient ‘’semblable’’ à l’agresseur et acquiert symboliquement du pouvoir. Par exemple un enfant, qui se sent menacé par un parent autoritaire ou violent, peut reproduire cette attitude en dirigeant la même agressivité envers ses jouets, ses animaux ou ses camarades. Lire le harcèlement à travers la notion de « faux-self » de Donald W. Winnicott Chez Winnicott, le Faux-Soi naît lorsque la mère n’est pas « suffisamment bonne », c’est à dire lorsqu’elle ne parvient pas à s’accorder aux besoins et aux élans du nourrisson. Au lieu de valider son sentiment d’omnipotence et de donner ainsi consistance à son moi naissant, elle impose sa propre réalité. L’enfant se soumet alors, contraint de répondre aux attentes extérieures plutôt qu’à son mouvement spontané. Cette soumission inaugure le Faux-Soi : une organisation défensive qui masque le Vrai-Soi. L’enfant apprend à se modeler sur autrui – la mère, la nounou, les figures proches – et à entretenir les relations de surface, comme s’il était réel. Le Faux-Soi a cependant une fonction essentielle : il protège le noyau du Vrai-Soi en le dissimulant sous une adaptation apparente aux exigences de l’environnement. Le faux-soi, c’est un peu comme un rôle que l’on joue. Parfois ce rôle est discret, comme quand on s’adapte légèrement à une situation. D’autres fois, il prend plus de place et finit par cacher ce que l’on est vraiment. « L’aptitude au compromis est une acquisition. Dans le développement normal, l’équivalent du faux soi est ce quelque chose qui peut se transformer chez l’enfant en une conduite sociale, ce quelque chose qui est susceptible d’adaptation. Chez un individu bien portant, cette conduite sociale représente un compromis. » Madeleine Davis, David Wallbrige : ‘’Winnicott  Introduction à son œuvre’’  p.54/55. éd. puf Mai 1992 Ainsi, le Faux-Soi est à la fois une stratégie de survie et le symptôme de l’échec environnemental : il permet à l’enfant de continuer à vivre en relation, mais au prix de sa spontanéité et de son authenticité. Légende : Naissance → Besoins primaires Relations avec la mère ® selon la qualité de l’environnement Mère suffisamment bonne, elle soutient le Vrai Soi Mère insuffisamment bonne, elle contraint l’enfant à développer un Faux Soi Ce « moi de surface » protège le « vrai-self » mais, à force de répétition, éloigne le sujet de son désir et de son ressenti. Pour survivre dans un climat hostile, il apprend à se taire, à sourire, à faire semblant d’aller bien, à se plier aux normes du groupe. Ce masque psychique peut lui éviter des attaques supplémentaires mais l’isole intérieurement et accroît le sentiment de honte ou de non-existence. Le danger est que la personne s’identifie à ce rôle défensif et perde contact avec ses besoins réels. Le faux-self peut aussi se retrouver chez l’agresseur ou les témoins : certains adoptent des attitudes dures ou indifférentes pour être acceptés du groupe, en reniant leur empathie ou leur culpabilité. Approcher le harcèlement sous l’angle du faux-self permet donc de comprendre comment, derrière les conduites visibles, se joue une économie psychique faite de masques, de défenses et d’adaptations forcées. Le terreau du harcèlement : entre culture, normes et réseaux – De la tolérance implicite à la banalisation de la violence : comprendre les mécanismes du harcèlement Le harcèlement ne surgit pas de nulle part. Il se déploie dans un environnement qui, consciemment ou non, le tolère et le nourrit. – La culture du silence et de l’impunité : lorsqu’une institution, une classe ou une entreprise minimise ou nie les faits, elle crée un terrain propice à leur répétition dans une complicité passive. Ce silence fonctionne comme un refoulement collectif qui empêche la mise en mots et donc la possibilité d’agir, renforçant l’idée que le harceleur n’aura pas de conséquences à craindre. – Les pressions sociales et les normes de groupe : la compétitivité, les

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Le harcèlement à la lumière de la psychanalyse

Ce qui se joue dans l’ombre Le harcèlement, qu’il soit scolaire, professionnel ou cybernétique, est un phénomène qui touche chaque année des millions de personnes dans le monde. Derrière ce terme se cachent des conduites insistantes visant à intimider, humilier ou isoler une victime, souvent dans l’indifférence ou le silence des témoins. Il se caractérise par la répétition d’attitudes hostiles et destructrices dans un rapport de force déséquilibré. Ses conséquences sont lourdes, aussi bien sur la santé psychologique que sur le parcours scolaire, professionnel ou social des victimes. En outre, au-delà des faits, se dessine une réalité plus subtile : celle du psychisme et des liens, où se mêlent pulsions d’agression, désir de reconnaissance et peur de l’exclusion. Dans une lecture psychanalytique du harcèlement, ce qui se joue au niveau psychique peut être compris comme la mise en acte de conflits inconscients. L’agresseur projette sur l’autre une hostilité qu’il ne  peut contenir, tandis que la victime se trouve renvoyée à la répétition d’expériences antérieures de soumission, voire d’humiliation. Cette dynamique peut mobiliser ce que Sigmund Freud appelait la pulsion de mort, une force inconsciente qui pousse vers la rupture, la destruction ou l’effacement. Elle peut viser l’objet, c’est-à-dire la personne sur laquelle sont dirigés les affects ou les désirs du sujet, mais aussi, plus largement, le lien social qui relie les individus entre eux. On observe également le mécanisme de l’identification à l’agresseur, tel que décrit par Anna Freud. En effet, une personne menacée, angoissée ou agressée peut adopter… … Le supplément d’information lié à ce paragraphe est réservé aux stagiaires en formations   Lire le harcèlement à travers la notion de « faux-self » de Donald W. Winnicott Chez Winnicott, le Faux-Soi naît lorsque la mère n’est pas… … Le supplément d’information lié à ce paragraphe est réservé aux stagiaires en formations Ce « moi de surface » protège le « vrai-self » mais, à force de répétition, éloigne le sujet de son désir et de son ressenti. Pour survivre dans un climat hostile, il apprend à se taire, à sourire, à faire semblant d’aller bien, à se plier aux normes du groupe. Ce masque psychique peut lui éviter des attaques supplémentaires mais l’isole intérieurement et accroît le sentiment de honte ou de non-existence. Le danger est que la personne s’identifie à ce rôle défensif et perde contact avec ses besoins réels. Le faux-self peut aussi se retrouver chez l’agresseur ou les témoins : certains adoptent des attitudes dures ou indifférentes pour être acceptés du groupe, en reniant leur empathie ou leur culpabilité. Approcher le harcèlement sous l’angle du faux-self permet donc de comprendre comment, derrière les conduites visibles, se joue une économie psychique faite de masques, de défenses et d’adaptations forcées. Le terreau du harcèlement : entre culture, normes et réseaux – De la tolérance implicite à la banalisation de la violence : comprendre les mécanismes du harcèlement  Le harcèlement ne surgit pas de nulle part. Il se déploie dans un environnement qui, consciemment ou non, le tolère et le nourrit. – La culture du silence et de l’impunité : lorsqu’une institution, une classe ou une entreprise minimise ou nie les faits, elle crée un terrain propice à leur répétition dans une complicité passive. Ce silence fonctionne comme un refoulement collectif qui empêche la mise en mots et donc la possibilité d’agir, renforçant l’idée que le harceleur n’aura pas de conséquences à craindre.    – Les pressions sociales et les normes de groupe : la compétitivité, les hiérarchies rigides ou les codes implicites de certains milieux valorisent la domination et l’exclusion. Sur le plan psychique, cela active des mécanismes d’identification et de rivalité : chacun cherche à ne pas être « l’autre », celui qui sera rejeté. Cette dynamique pousse parfois des individus ordinaires à se conformer au groupe, devenant ainsi, les relais d’une violence ou d’une mise à l’écart collective. – L’influence des réseaux sociaux : l’anonymat relatif et la viralité des contenus démultiplient l’impact des attaques. Une humiliation qui autrefois restait cantonnée à un lieu peut, aujourd’hui, se propager en quelques secondes à des centaines de personnes. Cela produit un effet de scène publique où l’agresseur se sent renforcé par l’audience, tandis que la victime est confrontée à une répétition traumatique quasi infinie. Ces facteurs externes et internes se combinent : ils créent un espace où la violence se banalise, où la parole s’efface et, où les mécanismes inconscients de la pulsion et de la rivalité peuvent se déchaîner sans frein.   Entre blessures visibles et traces psychiques durables Le harcèlement laisse rarement indemne. Ses effets dépassent largement le moment de l’agression et s’inscrivent dans le corps, la pensée et le lien social. Il engendre souvent un stress chronique, une anxiété persistante, une perte d’estime de soi, des troubles du sommeil, un état dépressif… … Le supplément d’information lié à ce paragraphe est réservé aux stagiaires en formations À l’école ou au travail, la victime peut se désinvestir, manquer de motivation, voir ses performances diminuer jusqu’à s’absenter durablement. La peur et la honte conduisent parfois au repli sur soi, à l’éloignement de l’espace collectif, ce qui renforce l’isolement et accroît l’emprise du harceleur. Peu à peu, les liens amicaux et/ou familiaux se distendent, la personne se coupe du monde pour éviter toute nouvelle exposition à la violence. La confiance envers les autres, les institutions ou le groupe s’effrite. Et même les témoins, impuissants ou culpabilisés, portent à leur tour une part de cette souffrance, modifiant le climat d’une classe, d’une entreprise, ou d’une communauté toute entière. Le harcèlement agit ainsi comme un traumatisme relationnel : il détruit le lien de confiance et laisse une empreinte durable sur la manière dont la personne se perçoit et perçoit les autres. Ce phénomène n’est pas seulement un fait social : il est aussi une scène psychique où se rejouent, souvent à l’insu des protagonistes, des conflits inconscients autour du pouvoir, de l’emprise et du désir d’exister pour l’autre. Dans le geste harcelant, comme dans le silence des témoins,

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Stade anal : l’enjeu du pot

Avertissement – Cadre pédagogique. Ce contenu est destiné à l’information et à la formation uniquement. Il ne remplace pas un accompagnement psychologique ou thérapeutique. Les situations, cas et personnages évoqués sont fictifs ou reconstitués à partir de situations composites, dans un but strictement pédagogique. En cas de difficulté psychique, il est conseillé de consulter un professionnel qualifié. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou des situations réelles serait purement fortuite. Le stade anal : un moment clé dans le développement de l’enfant Vers l’âge de 2 à 3 ans, l’enfant traverse ce qu’on appelle en psychanalyse la phase sadique-anale. C’est à ce moment qu’il commence à contrôler ses selles, souvent en lien avec l’apprentissage de la propreté. Mais ce contrôle n’est pas seulement physique : il prend aussi une valeur affective et relationnelle importante. L’enfant comprend qu’en retenant ou en donnant ses excréments, il peut agir sur son entourage, en particulier sur la personne qui s’occupe de lui (souvent sa mère). Les selles deviennent alors un « cadeau » ou un « trésor », une partie de lui qu’il peut choisir d’offrir ou de garder. À ce stade, un choix important s’offre à lui : Soit il décide de garder pour lui ce qu’il considère comme précieux, affirmant ainsi son autonomie, son pouvoir, et nourrissant une forme de satisfaction personnelle (c’est ce qu’on appelle une position narcissique). Soit il accepte de donner cette partie de lui à la personne qu’il aime, entrant ainsi dans une relation de partage et d’échange (on parle alors d’amour d’objet). Ce moment représente un tournant dans la construction psychologique de l’enfant. Il commence à apprendre que l’amour implique parfois de donner, de se séparer de quelque chose, pour faire plaisir à l’autre ou créer un lien avec lui. La façon dont l’adulte accompagne ce processus est essentielle. Encourager l’enfant avec bienveillance, sans pression, l’aide à grandir en confiance, à s’ouvrir aux autres et à poser les bases de futures relations affectives saines. 🧒 Le stade anal : une étape où l’enfant découvre son pouvoir de donner ou de garder 💡 Une analogie simple : le « cadeau précieux » Imaginez que l’enfant possède une petite boîte à trésors 🧰.Dans cette boîte, il y a quelque chose qu’il a « fabriqué » lui-même (ses selles) et qu’il peut : Soit garder précieusement pour lui, car c’est « à lui », Soit offrir comme un cadeau à quelqu’un qu’il aime, pour lui faire plaisir. 🧠 Ce qui se joue vraiment : 🧍‍♂️ L’enfant peut… 💬 Ce que cela signifie… Garder son « trésor » Il découvre qu’il peut décider, contrôler, dire « non ». Il construit sa personnalité, son autonomie. Offrir son « trésor » Il commence à comprendre l’amour, le partage, le lien avec l’autre. C’est un premier pas vers la relation affective.

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