Janvier, le mois des résolutions : Les promesses du Moi 4-A
Avertissement – Cadre pédagogique. Le contenu de ce dossier est destiné à l’information et à la formation uniquement. Il ne remplace pas un accompagnement psychologique ou thérapeutique. Les situations, cas et personnages évoqués sont fictifs ou reconstitués à partir de situations composites, dans un but strictement pédagogique. En cas de difficulté psychique, il est conseillé de consulter un professionnel qualifié. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou des situations réelles serait purement fortuite. Ce dossier propose une analyse des résolutions prises à l’occasion de la nouvelle année, envisagées comme un dispositif symbolique où s’articulent la mémoire du passé, la projection vers l’avenir et une tentative de remaniement subjectif. Il sera illustré par des exemples concrets, empruntés à la vie quotidienne, donnant à voir comment ces promesses s’actualisent, ou échouent, dans le vécu du sujet. La compréhension de ce dispositif implique un retour sur les conditions historiques de son émergence et de ses transformations. Une tradition aux racines anciennes Les résolutions du Nouvel An, souvent envisagées aujourd’hui comme un simple rituel de développement personnel, s’inscrivent en réalité dans une histoire plurimillénaire. Mésopotamie antique Les engagements pris au seuil de l’année nouvelle avaient pour fonction première de restaurer un ordre ‘’moral, social et cosmique’’ en promettant aux dieux une conduite plus juste, afin d’assurer stabilité et prospérité collectives. Rome antique Ce moment de passage acquiert une portée symbolique décisive avec Janus, dieu aux deux visages, l’un tourné vers le passé, l’autre vers l’avenir. Le début de l’année devient alors un temps liminaire, où le sujet est invité à regarder ce qui a été, tout en se projetant vers ce qui doit advenir. Les résolutions s’y inscrivent comme un acte à la fois moral et civique, articulé à l’ordre social et politique. Moyen Âge Le christianisme transforme ces engagements en vœux de pénitence et de vertu. La résolution se charge alors d’une dimension intérieure plus marquée, orientée vers la purification morale, le renoncement et l’idéal de perfection, souvent traversée par la culpabilité et la faute. XVIIIᵉ siècle Un tournant s’opère : les résolutions se laïcisent et s’individualisent. Sous l’effet de l’affirmation du sujet et de l’essor d’une psychologie morale fondée sur l’examen de la conscience individuelle, elles deviennent un espace d’introspection. L’engagement ne relève plus de Dieu ni de la cité, mais du rapport à soi. XXᵉ et XXIᵉ siècles Les résolutions s’intègrent pleinement à la culture contemporaine du bien-être et de la performance. Orientées vers la santé, la réussite ou la productivité, elles sont désormais pensées en termes d’objectifs, de discipline et de modification des comportements. Éléments de synthèse Le déplacement du sacré vers le psychologique, et du collectif vers le subjectif éclaire la fonction profonde des résolutions. Elles constituent un rituel de passage où le sujet se tient à la frontière du temps, entre héritage du passé et aspiration à se transformer. Au fond, ces résolutions sont un rituel ancien de renouvellement, transformé par chaque civilisation, mais toujours motivé par le même désir humain : donner sens au passage du temps et améliorer sa vie. Résolutions de janvier : Promesses conscientes, désirs inconscients Chaque début d’année voit fleurir une myriade de résolutions, gravées dans la ferveur du 1er janvier ou confiés dans la solitude d’un carnet. Il y a dans ce moment quelque chose de profondément humain : une impulsion vers l’avenir, un désir de rupture avec ce qui pèse, ce qui se répète ou nous entrave. Pourtant, derrière la simplicité apparente de ces déclarations de bonne volonté se cache une réalité bien plus subtile. La résolution est un acte narratif, une mise en récit de soi, mais aussi une tentative psychique d’organiser le chaos intérieur. Et si elle échoue souvent, ce n’est pas par faiblesse morale, mais parce qu’elle se situe exactement à la croisée de la conscience et de l’inconscient. Les dessous psychiques d’un geste ordinaire La psychanalyse invite à entendre les résolutions non comme de simples engagements volontaires, mais comme des formations psychiques complexes, où le désir de changement se heurte aux forces de la répétition inconsciente. Comprendre ce geste si courant, presque banal, demande donc de dépasser la vision superficielle de la simple « bonne décision ». Car la résolution est un phénomène plus vaste : une scène symbolique où s’affrontent désir, volonté, idéal, répétition et langage. La résolution : l’art de se promettre l’impossible Une charnière narrative dans l’histoire personnelle La résolution est d’abord une séquence du récit. Dans la littérature, elle incarne souvent l’instant décisif où un personnage, après errance ou tourment, se tient face à lui-même et prend position. Elle opère comme un point de bascule, un lieu où l’histoire se partage entre un passé qui s’achève et un avenir qui s’esquisse. Cette séquence est portée par une puissance singulière. Elle concentre l’élan du serment et la promesse d’un pacte intime, par lequel le sujet tente de se dégager de ce qui le détermine. Il s’y éprouve, brièvement, comme l’auteur possible de son devenir. En ce sens, chaque résolution prend la forme d’un micro-récit de métamorphose, non une page blanche, mais une tentative d’inscription nouvelle sur la trame du déjà-écrit. Le rituel du recommencement Le Nouvel An condense cette dramaturgie personnelle en un rituel collectif. Comme les rites anciens de purification ou de renaissance, il propose une frontière nette, en une nuit, où l’on quitte symboliquement ce qui a été et où l’on s’autorise une nouvelle narration de soi. Ainsi, même lorsqu’elle concerne des gestes humbles ‘’mieux manger, lire davantage, appeler un ami’’, la résolution prend l’allure d’une renaissance littéraire : un chapitre inédit à écrire. La beauté fragile de la promesse Mais la résolution porte en elle une fragilité intrinsèque. Elle est suspendue entre la volonté et l’incertitude, entre l’élan et la rechute possible. Cette tension fait partie de son charme, elle rappelle que l’être humain est à la fois un être de projets et un être de limites. La résolution est belle parce qu’elle est vulnérable, elle met en lumière la noblesse du désir de changement, même lorsque le réel
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