Institut de Formation à la Psychanalyse

Alain Poussines

Psychopathologie : cours du 18.04.2026

« Dans les deux cas, les symptômes sont issus de la libido, ils sont donc des utilisations anormales de celle-ci, un substitut de celle-ci. » Sigmund Freud « Œuvres complètes » XIV p. 400, éd. PUF « Les problèmes se rattachant aux névroses actuelles, dont les symptômes résultent probablement de lésions toxiques directes, ne se prêtent guère à l’étude psychanalytique […] »  Sigmund Freud « Introduction à la psychanalyse » p. 366, éd. P.B.P. 2ème trim. 1971   📌 À retenir Les névroses actuelles relèvent d’un déséquilibre économique de l’excitation pulsionnelle. Leurs symptômes ne procèdent pas d’une formation symbolique comparable à celle des psychonévroses. Le trouble doit être rapporté prioritairement aux conditions actuelles de la sexualité.  La symptomatologie s’exprime principalement sur le versant somatique « […] le symptôme de la névrose actuelle constitue souvent le noyau et la phase préliminaire du symptôme psychonévrotique. » Sigmund Freud « Introduction à la psychanalyse » p. 368, éd. P.B.P. 2ème trim. 1971 📘 « Je veux maintenir […] que chacune des grandes névroses énumérées a pour cause immédiate un trouble particulier de l’économie nerveuse, et que ces modifications pathologiques fonctionnelles reconnaissent comme source commune la vie sexuelle de l’individu, soit désordre de la vie sexuelle actuelle, soit évènements importants de la vie passée. » (Les termes soulignés sont en italique dans le texte) Sigmund Freud « Névrose, psychose et perversion »   p. 53, éd. PUF août 2010 📌 À retenir Freud distingue trois formes principales de névroses actuelles : neurasthénie, névrose d’angoisse et hypocondrie. Chacune correspond à une modalité particulière de dérèglement de l’économie libidinale. 📘 « Les névroses – regroupées le plus souvent par le nom de neurasthénie – peuvent alors, sans que soit requis le concours d’une charge héréditaire, être engendrées par certaines influences nuisibles de la vie sexuelle […] » Sigmund Freud « Œuvres complètes » VIII p. 202, éd. PUF Janvier 2003 🧠 🧠 L’intérêt théorique de la neurasthénie est de montrer une pathologie de l’excitation insuffisamment déchargée, sans recours premier à la logique du refoulement. 🧠 🧠 La neurasthénie se caractérise moins par un conflit psychique élaboré que par une insuffisance de transformation de l’excitation, qui entrave la capacité du sujet à investir la réalité. 📘 Freud écrit qu’il a dû « dégager, du fouillis hétéroclite de tableaux cliniques qu’on recouvrait du nom de neurasthénie, deux types fondamentalement différents »1 (neurasthénie et névrose d’angoisse). (Termes soulignés = italique dans le texte)   « Sigmund Freud présenté par lui-même » p. 42/43, éd. folio essais mars 2000 📘 « […] un quantum d’angoisse librement flottant, qui, pendant l’attente, domine le choix des représentations et est à chaque fois prêt à se lier avec n’importe quel contenu représentatif qui convienne. »  (Les termes soulignés sont en italique dans le texte) Sigmund Freud « Névrose, psychose et perversion » p. 18, éd. PUF août 2010                                                 Neurasthénie et névrose d’angoisse : les différences selon Freud                                                     Neurasthénie et névrose d’angoisse : distinction freudienne Freud distingue la neurasthénie et la névrose d’angoisse à l’intérieur du champ des névroses actuelles. Dans les deux cas, il s’agit d’un trouble actuel de l’économie sexuelle ; mais ces deux tableaux diffèrent par le destin de l’excitation et par le mode clinique de la souffrance. La névrose d’angoisse Dans la névrose d’angoisse, l’excitation sexuelle ne trouve pas de voie de satisfaction ou de décharge suffisamment adéquate. Elle demeure en tension, retenue, interrompue ou déviée dans son cours vers la satisfaction, ce qui favorise sa transformation directe en angoisse. Freud rattache ce tableau à des situations telles que : L’abstinence, Le coït interrompu, L’excitation frustrée, Ou certaines formes de continence imposée. La conséquence clinique principale n’est pas l’épuisement, mais l’apparition d’une angoisse diffuse ou paroxystique, souvent accompagnée de manifestations somatiques : palpitations, vertiges, troubles respiratoires, sueurs, tension corporelle, etc. L’angoisse y est souvent sans objet précis, ou secondairement liée à des contenus représentatifs contingents. Dans cette perspective, la cause immédiate du trouble n’est pas à chercher, au premier plan, du côté d’un conflit psychique refoulé, mais dans une entrave actuelle au devenir de l’excitation. La neurasthénie Dans la neurasthénie, la libido trouve bien une voie de décharge, mais cette décharge demeure inadéquate, insuffisante ou incomplète. L’excitation ne reste donc pas totalement retenue ; elle s’évacue partiellement, sans produire une satisfaction durable ni une réduction suffisante de la tension. Freud associe ce tableau à différentes modalités de satisfaction qu’il juge inadéquates, telles que : Une masturbation poursuivie de façon excessive, Certaines formes répétées de coït interrompu, Les pollutions spontanées, Ou, plus largement, des situations où la satisfaction sexuelle s’avère insuffisante pour le sujet. La conséquence clinique dominante est alors moins l’angoisse que l’affaiblissement général : fatigue nerveuse, irritabilité, troubles du sommeil, baisse de l’élan, inhibition de l’initiative, troubles fonctionnels diffus. Principe différentiel La différence entre ces deux formes cliniques ne tient donc pas à la nature de l’excitation, mais à son destin économique : Dans la neurasthénie, l’excitation est mal déchargée ; Dans la névrose d’angoisse, elle demeure retenue ou sans issue suffisante, au point de se transformer en angoisse. Autrement dit, la neurasthénie relève d’une décharge inadéquate, tandis que la névrose d’angoisse relève d’une tension maintenue. 📘 « […] l’hypocondrie est la forme préférée des neurasthéniques authentiques lorsqu’ils tombent dans la névrose d’angoisse, ce qui se produit fréquemment. » S. Freud « Névrose, psychose et perversion » p. 18, éd. PUF Avril 1997 🎯 À retenir : Dans l’hypocondrie, le corps n’est pas atteint : il est surinvesti.Ce n’est pas l’organe qui est en cause, mais la libido qui s’y fixe. Situation Mécanisme libidinal Statut de l’organe Effet clinique Maladie organique Retrait d’objet → investissement du corps Organe réellement atteint Douleur réelle Hypocondrie Retrait d’objet → surinvestissement narcissique Organe sain Inquiétude et plainte corporelle 📌 L’hypocondrie est une pathologie du déplacement de la libido, et non une pathologie de l’organe. Et surtout : 📌 Elle marque le passage d’une économie libidinale

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Psychopathologie : cours du 21.03.2026

Tentative de refoulement et accompagnement clinique. Une tentative défensive spontanée peut consister à vouloir rejeter l’événement hors du champ de la conscience 🔹 Le rôle de la verbalisation dans le retour à la réalité  « Un événement comme le trauma externe provoquera à coup sûr une perturbation de grande envergure dans le fonctionnement énergétique de l’organisme et mettra en mouvement tous les moyens de défense. […]  La submersion de l’appareil animique par de grandes quantités de stimuli ne peut plus être empêchée ; c’est bien plutôt une autre tâche qui se présente, celle de maîtriser le stimulus, de lier psychiquement les quantités de stimuli qui ont fait irruption pour les amener ensuite à la liquidation. » S. Freud « Œuvres complètes » XV p. 300-301, éd. PUF  Juillet 2002 🔹 Angoisse, effroi et impréparation psychique Dans la névrose traumatique, un élément essentiel est l’absence d’angoisse préalable. En effet :   👉 Freud écrit :  « […] l’homme se protège de l’effroi par l’angoisse »                                   Sigmund Freud « Œuvres complètes » XIV  p. 410, éd. PUF novembre 2000  💡 Résumé pédagogique : Angoisse = signal d’alerte → prépare le Moi → protection.    Effroi = absence d’angoisse → sidération → trauma 🔹 Angoisse vs Effroi dans la névrose traumatique Concept Angoisse Effroi Définition Réaction émotionnelle anticipatrice face à un danger possible. Réaction brutale face à un danger inattendu. Fonction Sert de signal d’alerte :                                     prépare le Moi et l’appareil psychique. Aucun signal d’alerte : effraction directe au pare-excitation. Effet psychique Permet une mobilisation, une réaction, parfois une protection. Conduit à la sidération : impossibilité d’agir ou de réagir. Exemple Sirène qui alerte d’une crue :              les habitants se préparent. Explosion soudaine dans le métro → panique et paralysie. II.2.a — Introduction générale – L’angoisse : un affect universel  Elle peut être envisagée selon une double valence : Comme réaction normale face à un danger, une perte ou une menace de désorganisation, Comme noyau structural de nombreuses organisations psychopathologiques.  Elle devient pathologique lorsqu’elle déborde sa fonction de signalisation et envahit l’économie psychique. 🔹 Schéma comparatif : Peur / Angoisse / Effroi Concept Déclencheur Réaction psychique Fonction Peur Danger réel, identifié (ex. un animal menaçant, un incendie). Réaction adaptée, mobilisation pour se protéger. Protection immédiate. Angoisse Danger flou, interne ou anticipé (ex. peur de perdre l’amour, menace inconsciente). Signal d’alerte, tension, mobilisation défensive. Préparer, alerter, protéger. Effroi Danger brutal et imprévu, sans préparation (ex. explosion, attentat). Sidération, incapacité d’agir. Aucun rôle protecteur. Fonction Versant protecteur Versant pathologique Signal Anticipe le danger Ne signale plus rien Liaison Mobilise les défenses Désorganise le Moi Temporalité Tourne vers l’avenir Répète le passé traumatique II.2.b — La première théorie de l’angoisse (Freud, 1894-1905)  Freud y conçoit l’angoisse comme : Une décharge d’excitation sexuelle non élaborée    👉 L’angoisse est donc pensée comme un phénomène de transformation quantitative : l’excitation sexuelle non déchargée se convertit en affect pénible. Les névroses de transfert (psychonévroses) Dans les névroses de transfert, l’angoisse s’inscrit principalement dans le registre psychique Articulation avec l’axe traumatique Première théorie Névrose traumatique Excitation sexuelle non liée Effraction traumatique Modèle économique Modèle de débordement Excès de libido Excès de réel Transformation en angoisse Sidération puis répétition  🧠 🧠 Dans la seconde théorie freudienne, l’angoisse est un signal produit par le Moi pour avertir d’un danger psychique et déclencher des mécanismes de défense tel le refoulement.                  Le désir incestueux persiste alors sous une forme latente et se trouve soumis à la régulation du Surmoi. C’est précisément de ce conflit entre le Surmoi et les pulsions sexuelles que la névrose tire son appui. Conclusion de cette partie Dans les psychonévroses, l’angoisse dérive du conflit refoulé. Ici, l’angoisse vient du désir. Dans la névrose traumatique, elle dérive de l’effraction non symbolisée. Là, elle vient du réel. Névroses actuelles Psychonévroses (névroses de transfert) Origine actuelle Origine infantile Excitation non déchargée Conflit refoulé Peu de symbolisation Forte élaboration fantasmatique Modèle économique Modèle dynamique L’angoisse de castration comme noyau                                                            Nous assistons ici à une articulation structurale : Niveau manifeste Niveau latent Peur du cheval Angoisse de castration Danger externe Danger interne Phobie Conflit œdipien Schéma comparatif   Modalité Déclencheur Fonction Destin Angoisse automatique Effraction Débordement Désorganisation Signal d’angoisse Danger perçu Protection Défense « Nous nous disons que c’est l’acte de la naissance ; au cours de celui-ci se produit ce groupement de sensations de déplaisir, de motions d’éconduction et de sensations corporelles qui est devenu le prototype de l’effet provoqué par un danger pour la vie et qui est répété par nous depuis lors sous forme d’état d’angoisse. […] l’acte de la naissance est la source et le prototype de l’affect d’angoisse. » Sigmund Freud « Œuvres complètes » XIV p. 411/412, éd. PUF novembre 2000 « […] le moi est le lieu de l’angoisse proprement dit […] L’angoisse est un état d’affect qui ne peut naturellement être éprouvé que par le Moi. » Sigmund FREUD « Œuvres complètes »  XVII, p. 256, éd. PUF Janvier 1992                                                                         Schéma : bascule 1920 → 1926                                                                                         1920 (Trauma)                                                                                                        ↓         

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La Psychopathologie cours du 21 février 2026

👉 Le sujet névrosé souffre de ses symptômes — phobies, obsessions, conversions hystériques, crises d’angoisse — tout en conservant la reconnaissance subjective que « quelque chose ne va pas en lui », même s’il ne comprend pas le sens inconscient de sa souffrance. → le sujet sait qu’il souffre, mais ignore pourquoi. 🔹 Le symptôme névrotique fait souffrir le sujet tout en maintenant une position subjective de questionnement. 📘Freud : « Les symptômes ne se forment que pour permettre d’échapper au développement de l’angoisse. » Tableau comparatif : Psychiatre et psychanalyse Axes de comparaison Psychiatrie Psychanalyse Objet principal Les troubles mentaux et leurs manifestations observables. Le fonctionnement psychique et le conflit inconscient. Statut du symptôme Le symptôme est un signe clinique servant au diagnostic et à la classification. Le symptôme est une formation de compromis, solution singulière à un conflit inconscient. Finalité du travail clinique Identifier le trouble et réduire ou supprimer les symptômes. Élucider le sens du symptôme et transformer le rapport du sujet à son conflit. Approche du sujet Le sujet est appréhendé à partir de catégories diagnostiques. Le sujet est envisagé dans sa singularité subjective. Cadre théorique Modèle principalement descriptif et nosographique (DSM, CIM). Modèle dynamique et structural (refoulement, forclusion, déni…). Rapport à l’inconscient L’inconscient n’est pas un concept opératoire central. L’inconscient est au cœur de la théorie et de la pratique. Critère de normalité Conformité à des normes statistiques ou fonctionnelles. Capacité du sujet à élaborer psychiquement ses conflits. Temporalité Intérêt privilégié pour le présent symptomatique. Articulation du présent avec l’histoire psychique du sujet. Traitement Médicamenteux, institutionnel, psychothérapeutique selon les cas. Travail par la parole, le transfert et l’interprétation. Place du clinicien Expert qui évalue, diagnostique et prescrit. Analyste qui écoute, accueille la parole et interprète.                                                                           LES  NÉVROSES TRAUMATIQUES : « Toute expérience qui expose le moi à une soudaine invasion de stimuli qu’il ne peut réduire à son niveau d’équilibre homéostatique est traumatique. »  F. Alexander « Principes de psychanalyse » p. 217, éd. PAYOT X-3-1952 Le travail clinique de la névrose traumatique vise moins l’interprétation du conflit que la liaison progressive d’une excitation effractante restée sans représentation. Freud lui-même rappelait l’importance de cette dépense énergétique constante du Moi : « Je vous ai déjà parlé, n’est-ce pas, du ‘’contre-investissement’’ dont le moi fait la dépense lors d’un refoulement et qu’il doit entretenir de façon permanente afin que le refoulement soit stable. » Sigmund Freud « Œuvres complètes » XIV p. 425, éd. PUF novembre 2000 🧠 Dans la névrose de transfert, ce qui revient est refoulé Dans la névrose traumatique, ce qui revient n’a jamais pu être lié. Cette distinction implique un travail de thérapie différent Dans la névrose de transfert : Interpréter le refoulé Dans la névrose traumatisme : Contenir et lier le trauma  👉 D’où la prudence interprétative dans la clinique traumatique précoce.                                          🔹 Les névroses traumatiques : afflux soudain d’excitations exogènes Les névroses traumatiques sont causées par un choc émotionnel si puissant que les résistances psychologiques du sujet sont débordées. L’afflux brutal d’excitations exogènes désorganise l’appareil psychique, La tension est telle que le sujet est incapable de maîtriser la situation, Il s’ensuit une effraction du pare-excitation et la mise en place de symptômes traumatiques (cauchemars, reviviscences, hyper vigilance).

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Le narcissisme

https://formations-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2026/01/Stade-du-miroir.mp4 « Le narcissisme est l’état où le moi dirige sa libido vers lui-même. »  « Développements de la psychanalyse » M. KLEIN, P. HEIMANN, S. ISAACS, J. RIVIERE – P. 136 Éd. PUF Décembre 1987 Le narcissisme primaire: « Il en résultait la conception, fondamentale pour une théorie de la libido, d’un état où la libido emplit le moi propre, où elle a pris celui-ci même comme objet. Cet état on pouvait l’appeler narcissisme ou amour de soi. » S. Freud « Œuvres complètes XVII » P. 103 – éd. PUF Janvier 1992 Le narcissisme secondaire correspond au retour de la libido sur le Moi, après avoir été investie sur des objets extérieurs. « L’amour des parents, si touchant et, au fond, si enfantin, n’est rien d’autre que leur narcissisme qui vient de renaître et qui, malgré sa métamorphose en amour d’objet, manifeste à ne pas s’y tromper son ancienne nature. »(Œuvres complètes XII, p. 235, éd. PUF, 2006) Mécanisme en 3 temps Étape Processus 1. Perte de l’objet L’objet aimé disparaît ou déçoit. 2. Impossibilité de déplacer la libido Le sujet ne parvient pas à investir un nouvel objet. 3. Introjection / identification narcissique Le Moi incorpore l’objet et dirige contre lui (donc contre soi) les reproches. Mécanisme en 3 temps Étape Processus 1. Perte de l’objet L’objet aimé disparaît ou déçoit. 2. Impossibilité de déplacer la libido Le sujet ne parvient pas à investir un nouvel objet. 3. Introjection / identification narcissique Le Moi incorpore l’objet et dirige contre lui (donc contre soi) les reproches. Avant / Après le narcissisme primaire Avant le narcissisme primaire Après le narcissisme primaire Auto-érotisme Narcissisme primaire Plaisirs partiels et dispersés Investissement unifié Zones érogènes fonctionnant chacune pour soi Corps reconnu comme une totalité Pas de Moi unifié Émergence du Moi Corps vécu comme source de sensations Corps reconnu comme “mon corps” Satisfaction pulsionnelle locale Amour du corps propre Absence de véritable objet Le corps propre devient le premier objet libidinal Libido fragmentée Libido recentrée sur le Moi Pas d’estime de soi possible Fondation de l’estime de soi Fonctionnement pulsionnel archaïque Base des pulsions d’autoconservation Les trois temps du développement libidinal Auto-érotisme Narcissisme Relation objectale Plaisir solitaire Amour de soi Amour de l’autre Zones érogènes partielles Corps unifié Objet différencié Pas de Moi constitué Construction du Moi Moi en relation Absence d’objet Objet = soi-même Objet extérieur Dedans/dehors confondus Début de différenciation Différenciation établie « L’auto-érotisme et le narcissisme sont des moyens employés par le moi infantile pour s’arranger de la frustration […]. » Le terme souligné est en italique dans le texte. « Développements de la psychanalyse » M. KLEIN, P. HEIMANN, S. ISAACS, J. RIVIERE – P.145 Éd. PUF Décembre 1987 « L’amour est issu de la capacité du moi de satisfaire auto érotiquement une part de ses motions pulsionnelles par l’obtention du plaisir d’organe. » S. Freud « Œuvres complètes XIII » P. 183 – éd. PUF Avril 1988 AUTO-ÉROTISME – Chaque pulsion partielle fonctionne de manière autonome – En recherche de plaisir immédiat – Absence de coordination entre les pulsions LIBIDO NARCISSIQUE – INVESTISSEMENT du CORPS PROPRE – Le corps devient le 1er objet d’investissement libidinal – Le sujet commence à percevoir son corps comme un ‘’objet unifié’’ – Amour de soi, (le Moi devient le centre de la libido) – Formation du narcissisme LIBIDO D’OBJET – INVESTISSEMENT OBJECTAL – Le sujet dirige sa libido vers des objets extérieurs (personnes, idées…) – Investissement de l’objet externe et retour sur le Moi – Capacité à aimer et à désirer hors de soi – Relation affective et sexuelle avec autrui   Phase Investissement libidinal Statut de l’objet Moi Anobjectale Moi (auto-érotisme) Non constitué Non différencié Préobjectale Moi + satisfaction Support de plaisir En constitution Objectale Objet distinct Objet total Différencié                                                                            Moi idéal / Idéal du Moi : distinction de registre Moi idéal Idéal du Moi Image narcissique Instance idéalisante Imaginaire Symbolique Illusion de complétude Modèle à atteindre « Ce que je crois être » « Ce que je veux / dois être »   Dyade Tiers Fusion Séparation symbolique Illusion d’unité Reconnaissance du manque Satisfaction immédiate Désir médiatisé Monde clos Ouverture à l’Autre Relation imaginaire Inscription symbolique Fonction Nom-du-Père opérant Défaillance Suppléance Désir de la mère Symbolisé Énigmatique Partiellement organisé Castration Intégrée Impossible Contournée Lien social Stable Fragile / impossible Soutenu artificiellement Structure Névrose Psychose / limite Stabilisation singulière Freud précis qu’« […] au lieu d’un conflit entre pulsions sexuelles et pulsions du moi, il valait mieux parler du conflit entre libido d’objet et libido du moi […]. » S. Freud « Œuvres complètes XVI » P. 206-207 éd. PUF Août 2010

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L’humour : une sublime défense ?

L’humour : Une sublime défense ? Si le mécanisme de défense qu’est l’humour consiste à éviter le déplaisir, il a cette particularité, contrairement à d’autres défenses, de gratifier le Moi d’un retour narcissique. « L’humour n’a pas seulement quelque chose de libérateur […] mais également quelque chose de grandiose et d’exaltant […] Le caractère grandiose est manifestement lié au triomphe du narcissisme, à l’invulnérabilité victorieusement affirmée du moi. » Sigmund Freud « L’inquiétante étrangeté et autres essais » p. 323, éd. FOLIO ESSAIS mars 2006

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Renversement en son contraire & retourement sur soi

Freud, dans le tome XIII de ses Œuvres complètes, précise bien que ce mécanisme est double. Je le cite : « Le renversement dans le contraire, à y regarder de plus près, se résout en deux processus distincts, le retournement d’une pulsion, de l’activité vers la passivité, et le renversement quant au contenu. Les deux processus, parce que distincts, par essence, sont donc à traiter séparément. » S. Freud « Œuvres complètes XIII » p. 171/172, éd. PUF Avril 1988 Renversement en son contraire : un mécanisme de défense que l’on retrouve très fréquemment dans les rêves Le renversement en son contraire dans la vie psychique et dans les rêves Principe : lorsqu’un désir conscient est jugé irréalisable ou inacceptable, l’appareil psychique inverse l’affect ou la direction de ce désir. Effet : le sujet adopte une conduite ou un ressenti qui est l’opposé de ce qu’il souhaite réellement, tout en restant inconscient de la manœuvre. Intérêt : cela permet d’exprimer symboliquement le conflit interne tout en neutralisant l’angoisse liée au désir initial. L’humour : Une sublime défense ? Si le mécanisme de défense qu’est l’humour consiste à éviter le déplaisir, il a cette particularité, contrairement à d’autres défenses, de airement à d’autres défenses, de gratifier le Moi d’un retour narcissique.   « L’humour n’a pas seulement quelque chose de libérateur […] mais également quelque chose de grandiose et d’exaltant […] Le caractère grandiose est manifestement lié au triomphe du narcissisme, à l’invulnérabilité victorieusement affirmée du moi. » Sigmund Freud « L’inquiétante étrangeté et autres essais » p. 323, éd. FOLIO ESSAIS mars 2006

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La rationalisation

Rationalisation et intellectualisation : deux mécanismes imbriqués : « Le sujet répond aux conflits émotionnels ou aux facteurs de stress internes ou externes en dissimulant les motivations réelles de ses propres pensées, actes ou sentiments derrière des explications rassurantes ou complaisantes, mais erronées. »86, éd. Masson janvier 2009Collectif « Mécanismes de défense : principes et échelles d’évaluation » p. 86, éd. Masson janvier 2009                                            Pour conclure : comment distinguer intellectualisation et rationalisation ?    « L’intellectualisation ne déforme pas la réalité d’une situation ni les motivations dans un vécu, mais elle en fait des abstractions et en détache la réalité ressentie par opposition. La rationalisation fait appel à des excuses et à des explications apparemment plausibles afin d’écarter des faits ou des motivations sources de conflit pour le sujet. L’intellectualisation diminue la capacité de l’observateur à partager le vécu du sujet, alors que la rationalisation met l’observateur sur une fausse piste par rapport au vécu réel du sujet. » « Mécanismes de défense : principes et échelles d’évaluation » p. 87 Collectif éd. Masson janvier 2009

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Charte spécifique à l’I. F. P. Charte pédagogique & spécifique à l’Organisme de Formation à la Psychanalyse (O.F.)

Charte pédagogique & spécifique à l’Organisme de Formation à la Psychanalyse de Béziers (I. F. P.)   Objet et mission de l’organisme L’Organisme de Formation (O.F.) a pour mission la transmission de savoirs théoriques, cliniques et méthodologiques en psychologie et en psychanalyse, dans une perspective de formation continue, d’approfondissement conceptuel et de réflexion critique. Les formations proposées s’inscrivent dans un cadre pédagogique, non thérapeutique et non prescriptif. Public concerné Les formations s’adressent à : Des étudiants en psychologie ou disciplines connexes, Des professionnels du champ médico-psychologique, éducatif, social ou pédagogique, Toute personne engagée dans une démarche de formation ou de réflexion théorique. Les contenus sont conçus pour un public adulte, sauf mention spécifique concernant des ressources pédagogiques destinées aux enfants.          3.  Cadre pédagogique et épistémologique Les enseignements reposent sur des références théoriques reconnues en psychologie et en psychanalyse.L’organisme adopte une approche : Pluraliste, Non dogmatique, Respectueuse de la diversité des modèles et des pratiques. La formation vise le développement des capacités d’analyse, de conceptualisation et de mise en perspective clinique, et non l’acquisition de protocoles thérapeutiques normatifs. Distinction entre formation et pratique professionnelle Les formations proposées : Ne constituent pas des actes de soin, Ne relèvent pas d’une activité de diagnostic, Ne se substituent pas à une pratique clinique supervisée. Elles ne délivrent aucun diplôme d’État et ne confèrent aucun titre réglementé (psychologue, psychothérapeute, psychiatre), conformément à la législation en vigueur. Supports pédagogiques et vignettes cliniques Les supports utilisés (articles, vidéos, schémas, illustrations, bandes dessinées) ont une fonction pédagogique et illustrative. Les vignettes cliniques présentées sont des constructions fictives, élaborées à des fins de formation.Elles ne décrivent aucune situation réelle, ne reposent sur aucune donnée personnelle et ne correspondent à aucun cas clinique identifiable. Responsabilité des participants Les participants sont invités à adopter une posture réflexive et critique vis-à-vis des contenus proposés. Toute question relevant d’une situation personnelle ou clinique individuelle doit être abordée dans un cadre professionnel approprié.L’Organisme de Formation ne saurait être tenu responsable d’une utilisation des contenus en dehors de leur finalité pédagogique. Contenus destinés aux enfants (le cas échéant) Lorsque des ressources pédagogiques sont proposées à destination d’un public mineur : Elles ont une vocation éducative et préventive, Elles doivent être utilisées sous la responsabilité d’un adulte (parent, enseignant, éducateur), Elles ne constituent ni une évaluation psychologique, ni un outil diagnostique ou thérapeutique. Aucune donnée personnelle concernant les enfants n’est collectée. Éthique et respect des personnes L’Organisme de Formation s’engage à : Respecter la dignité et la singularité des personnes, Prévenir toute forme de stigmatisation ou de réduction normative, Promouvoir une approche éthique des questions psychiques. Les contenus diffusés visent à soutenir la compréhension et la réflexion, sans produire d’injonctions ni de prescriptions implicites. Propriété intellectuelle L’ensemble des supports pédagogiques diffusés dans le cadre des formations est protégé par le droit de la propriété intellectuelle.Toute reproduction, diffusion ou réutilisation sans autorisation préalable est interdite, sauf mention expresse contraire. Évolution de la charte La présente charte pédagogique peut être modifiée ou actualisée afin de garantir sa conformité aux évolutions légales, réglementaires et pédagogiques applicables aux organismes de formation. Cette charte définit le cadre pédagogique, éthique et juridique dans lequel s’inscrivent les activités de l’Organisme de Formation (O. F.).

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La névrose d’échec

Trois destins de la pulsion du savoir Pulsion du savoir Sublimation Refoulement Interdit de savoir                                                     Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.

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Premier cours – Salpétrière – Bicêtre – Neurotica

                                                                                                  Personnage central :                                                              Une femme debout, vêtue d’une robe simple XIXᵉ siècle.                                                               Son corps est divisé en deux moitiés symboliques : Côté gauche : convulsions, gestes amples, tension musculaire — exprimant la crise physique. Côté droit : visage apaisé, et le corps traversé par des images ou silhouettes psychiques (désir, peur, culpabilité, souvenirs flous).→ Le contraste incarne la dualité entre le corps et l’esprit.                                                                Schéma explicatif : Différencier l’hystérie et l’épilepsie selon Charcot Aspect Épilepsie Hystérie Cause Organique, neurologique Psychologique (conversion) Symptômes Convulsions, perte de conscience Crises théâtrales, postures, paralysies sans lésion Lésion visible Oui Non Traitement (à l’époque) Observation neurologique Hypnose, étude psychique                                                                            Comparatif : Hystérie vs Épilepsie (XIXᵉ siècle) Critères Hystérie Épilepsie 🧠 Origine supposée Psychique (trouble de conversion sans lésion) Organique (atteinte du cerveau, décharge électrique) ⚕️ Approche médicale à l’époque Trouble féminin, lié à l’imagination ou à l’utérus Maladie neurologique du système nerveux central 💥 Type de crise Théâtrale, souvent consciente, spectaculaire Convulsive, perte de conscience, involontaire 🧍‍♀️ Manifestations physiques Mouvements amples, postures figées, cris, pleurs Convulsions brusques, chute, morsure de la langue 🔍 Présence de lésions Aucune lésion visible Lésions neurologiques possibles 🏥 Traitement au XIXᵉ Observation, hypnose, isolement Observation, traitements médicamenteux rudimentaires 📚 Confusion nosographique → Mélange des deux : “Hystéro-épilepsie” ← Idem, mal différenciée de l’hystérie                                                                                                     De la réalité au symptôme                                                                                  Événement traumatique (abus réel)                                                                                                           ↓                                                                               Mémoire refoulée dans l’inconscient                                                                                                           ↓                                                                                       Conflit psychique latent                                                                                                           ↓                                                                 Symptômes hystériques (conversion, angoisse, etc.)                                                                                      Les trois dimensions du trauma Dimension                                             Exemple                              Effet sur l’enfant Physique Attouchement, exhibition Peur, douleur, sidération Psychique Culpabilité, honte, confusion Refoulement, dissociation Symbolique Violation du cadre protecteur (père, éducateur…) Perte de confiance, effondrement des repères                                                                                                    De la scène à l’effroi                                                                               Agression sexuelle (événement imprévisible)                        

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