Psychopathologie : cours du 18.04.2026
« Dans les deux cas, les symptômes sont issus de la libido, ils sont donc des utilisations anormales de celle-ci, un substitut de celle-ci. » Sigmund Freud « Œuvres complètes » XIV p. 400, éd. PUF « Les problèmes se rattachant aux névroses actuelles, dont les symptômes résultent probablement de lésions toxiques directes, ne se prêtent guère à l’étude psychanalytique […] » Sigmund Freud « Introduction à la psychanalyse » p. 366, éd. P.B.P. 2ème trim. 1971 📌 À retenir Les névroses actuelles relèvent d’un déséquilibre économique de l’excitation pulsionnelle. Leurs symptômes ne procèdent pas d’une formation symbolique comparable à celle des psychonévroses. Le trouble doit être rapporté prioritairement aux conditions actuelles de la sexualité. La symptomatologie s’exprime principalement sur le versant somatique « […] le symptôme de la névrose actuelle constitue souvent le noyau et la phase préliminaire du symptôme psychonévrotique. » Sigmund Freud « Introduction à la psychanalyse » p. 368, éd. P.B.P. 2ème trim. 1971 📘 « Je veux maintenir […] que chacune des grandes névroses énumérées a pour cause immédiate un trouble particulier de l’économie nerveuse, et que ces modifications pathologiques fonctionnelles reconnaissent comme source commune la vie sexuelle de l’individu, soit désordre de la vie sexuelle actuelle, soit évènements importants de la vie passée. » (Les termes soulignés sont en italique dans le texte) Sigmund Freud « Névrose, psychose et perversion » p. 53, éd. PUF août 2010 📌 À retenir Freud distingue trois formes principales de névroses actuelles : neurasthénie, névrose d’angoisse et hypocondrie. Chacune correspond à une modalité particulière de dérèglement de l’économie libidinale. 📘 « Les névroses – regroupées le plus souvent par le nom de neurasthénie – peuvent alors, sans que soit requis le concours d’une charge héréditaire, être engendrées par certaines influences nuisibles de la vie sexuelle […] » Sigmund Freud « Œuvres complètes » VIII p. 202, éd. PUF Janvier 2003 🧠 🧠 L’intérêt théorique de la neurasthénie est de montrer une pathologie de l’excitation insuffisamment déchargée, sans recours premier à la logique du refoulement. 🧠 🧠 La neurasthénie se caractérise moins par un conflit psychique élaboré que par une insuffisance de transformation de l’excitation, qui entrave la capacité du sujet à investir la réalité. 📘 Freud écrit qu’il a dû « dégager, du fouillis hétéroclite de tableaux cliniques qu’on recouvrait du nom de neurasthénie, deux types fondamentalement différents »1 (neurasthénie et névrose d’angoisse). (Termes soulignés = italique dans le texte) « Sigmund Freud présenté par lui-même » p. 42/43, éd. folio essais mars 2000 📘 « […] un quantum d’angoisse librement flottant, qui, pendant l’attente, domine le choix des représentations et est à chaque fois prêt à se lier avec n’importe quel contenu représentatif qui convienne. » (Les termes soulignés sont en italique dans le texte) Sigmund Freud « Névrose, psychose et perversion » p. 18, éd. PUF août 2010 Neurasthénie et névrose d’angoisse : les différences selon Freud Neurasthénie et névrose d’angoisse : distinction freudienne Freud distingue la neurasthénie et la névrose d’angoisse à l’intérieur du champ des névroses actuelles. Dans les deux cas, il s’agit d’un trouble actuel de l’économie sexuelle ; mais ces deux tableaux diffèrent par le destin de l’excitation et par le mode clinique de la souffrance. La névrose d’angoisse Dans la névrose d’angoisse, l’excitation sexuelle ne trouve pas de voie de satisfaction ou de décharge suffisamment adéquate. Elle demeure en tension, retenue, interrompue ou déviée dans son cours vers la satisfaction, ce qui favorise sa transformation directe en angoisse. Freud rattache ce tableau à des situations telles que : L’abstinence, Le coït interrompu, L’excitation frustrée, Ou certaines formes de continence imposée. La conséquence clinique principale n’est pas l’épuisement, mais l’apparition d’une angoisse diffuse ou paroxystique, souvent accompagnée de manifestations somatiques : palpitations, vertiges, troubles respiratoires, sueurs, tension corporelle, etc. L’angoisse y est souvent sans objet précis, ou secondairement liée à des contenus représentatifs contingents. Dans cette perspective, la cause immédiate du trouble n’est pas à chercher, au premier plan, du côté d’un conflit psychique refoulé, mais dans une entrave actuelle au devenir de l’excitation. La neurasthénie Dans la neurasthénie, la libido trouve bien une voie de décharge, mais cette décharge demeure inadéquate, insuffisante ou incomplète. L’excitation ne reste donc pas totalement retenue ; elle s’évacue partiellement, sans produire une satisfaction durable ni une réduction suffisante de la tension. Freud associe ce tableau à différentes modalités de satisfaction qu’il juge inadéquates, telles que : Une masturbation poursuivie de façon excessive, Certaines formes répétées de coït interrompu, Les pollutions spontanées, Ou, plus largement, des situations où la satisfaction sexuelle s’avère insuffisante pour le sujet. La conséquence clinique dominante est alors moins l’angoisse que l’affaiblissement général : fatigue nerveuse, irritabilité, troubles du sommeil, baisse de l’élan, inhibition de l’initiative, troubles fonctionnels diffus. Principe différentiel La différence entre ces deux formes cliniques ne tient donc pas à la nature de l’excitation, mais à son destin économique : Dans la neurasthénie, l’excitation est mal déchargée ; Dans la névrose d’angoisse, elle demeure retenue ou sans issue suffisante, au point de se transformer en angoisse. Autrement dit, la neurasthénie relève d’une décharge inadéquate, tandis que la névrose d’angoisse relève d’une tension maintenue. 📘 « […] l’hypocondrie est la forme préférée des neurasthéniques authentiques lorsqu’ils tombent dans la névrose d’angoisse, ce qui se produit fréquemment. » S. Freud « Névrose, psychose et perversion » p. 18, éd. PUF Avril 1997 🎯 À retenir : Dans l’hypocondrie, le corps n’est pas atteint : il est surinvesti.Ce n’est pas l’organe qui est en cause, mais la libido qui s’y fixe. Situation Mécanisme libidinal Statut de l’organe Effet clinique Maladie organique Retrait d’objet → investissement du corps Organe réellement atteint Douleur réelle Hypocondrie Retrait d’objet → surinvestissement narcissique Organe sain Inquiétude et plainte corporelle 📌 L’hypocondrie est une pathologie du déplacement de la libido, et non une pathologie de l’organe. Et surtout : 📌 Elle marque le passage d’une économie libidinale
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